19 avril 2007
PAUSE PRINTA-ESTIVALE
Presque 6 mois de blog, pas loin d'une centaine de post, des longs, des moins longs, des courts, des moins courts, des bons, des moins bons, des pas mauvais, des pas terribles, il est temps d'aller en terrasse siroter du rosé en regardant les passantes................................
Pour celles et ceux qui veulent rester en contact, il y a toujours l'adresse mail au cas où une envie frénétique de papoter vous étreint....................
16 avril 2007
HISTOIRE SANS FIN (mais non sans fond loin s'en faut)
Le printemps arrivait avec ses odeurs de pelouses fraichement tondues, ces journées qui s’étirent comme au sortir d’un long sommeil, ces envies de farniente, de sieste à l’ombre avec un vent léger adoucissant le thermomètre déjà vif en cette saison.
Le week-end s’annonçait avec ces départs vers le calme, ses marchés au soleil, ses promenades sans rythme assorties de discours sur l’air du temps, les douceurs et les petits riens qui embellissent ces heures en suspens, but d’une vie sans que cela ne paraisse.
Il avait décidé d’aller voir la mer, y tremper deux orteils sur un pantalon relevé, de se croire accompagné et de rêver enfin au bras d’une courtisane un instant hors de tout, ponctué par les heures sans certitudes aucunes.
Il fit la route en fin de journée, face à lui-même, à ses tourments, ses questions infinies sur la vie, ses envies, ses ennuis aussi.
Ses enfants étaient loin vers d’autres alpages riant à pleines dents de l’insouciance reine qui régit ses années, où les questions se posent et s’évaporent dans le tourbillon des jeux anodins qui font d’une cabane, un château protégé.
Ah ces douces heures enfantines ou la candeur irradie toute chose, où le moindre bout de rien fait dévaler l’imaginaire, où la dose est infime pour être en bonheur, où le sommeil profond recouvre de tout son être ses journées remuantes où le corps et l’esprit n’ont pas de faux semblant.
La route sinueuse lui changeait les idées de ces lignes autoroutières, la fin de journée rajoutait à cette atmosphère impalpable qui mélange mélancolie, bien être et profondeur.
Il repensait à sa journée, à ses semaines passées, à ces trois années qui l’avaient vu s’enflammer, s’enivrer de ce désir immense de devenir autre, et puis cette descente aux enfers imbéciles, les chiffres alignés comme vigiles de nuit, les ressentis infimes qui hachent celle ci, les réveils incertains aux mains de cachets assassins.
Tout cela avait commencé bien avant en une saison qui regorge de questions, de tourments indociles, de désirs inavoués, de tumultes enviés, de cascades de vies……………………………..
15 avril 2007
RENCONTRE : 14 (l'horreur du bilan)
Il se réveilla sur le coup de onze heures malgré sa soirée agitée, pas tous les jours qu’on retrouve sa voiture rayée de la sorte mais il avait un mental fort et savait faire face à l’adversité.
A quinze jours des élections, cette rayure allait modifier son vote, de tendance modéré en toutes choses, il sentait monter en lui un bulletin de révolte voir nul.
Un nespresso bleu clair plus loin, il décida de ne pas aller au dépôt, les chauffeurs connaissaient leur travail et les plannings de tournées étaient programmés bien à l’avance.
Il essaya de remonter le fil de sa soirée et la façon dont il avait baclé la fin et remerciait la prétendante comme à son habitude.
Elle était quand à elle rentrée sur sa fin, ayant rarement croisé un sulfateur dans ces rencontres d’un soir, elle essayait de se remémorer sans succès si elle avait déjà croisé un tel rapido.
Sa tendance au départ express remontait à loin, du temps de son adolescence, instants ou le jeans 501 se trouvait entaché suite à un slow à durée excessive et ou sous la couverture, il ne pouvait se retenir au-delà de la minute, ah il en avait souillé des fonds de culottes, des slips à rayures, des mains fébriles et des bouches adolescentes.
Il y puisa la force d’une carrière ambitieuse afin de confirmer l’adage ridicule de la grosse voiture et du petit instrument, car non content d’être doté d’un appendice à éjection rapide, il était de plus affublé d’un instrument plus proche du coton tige et du cure dent que du marteau piqueur et du concombre transgénique.
La mise en maillot était pour lui une épreuve et les sorties de piscine avec le tissu qui colle de prés le mettait plus mal à l’aise qu’un convoi de l’ONU à un poste frontière moyen oriental quoi que bien orienté.
Il essaya de consulter vers ses trente ans pour en finir avec ce tourment qui le faisait dévaster des mètres de sofas, des cuirs pleine fleur et des apparats féminins qui n’en demandaient pas tant.
Le sulfateur, c’était son surnom, Emile le sulfateur, le roi du déclenchement immédiat, pas de préapalabres, pas de mise en bouche, pas de préliminaires audacieux, pas de caresses en attente, pas d’instant en suspens.
L’artillerie avec un opinel, l’assaut avec une cuillère à café, la prise de la bastille sans fusil, la kalashnikov qui s’enraye, l’AK 42 qui se grippe.
Rien ne pouvait l’arrêter, sitôt l’étendard élevé, le temps était compté, les minutes décomptées, les secondes égrenées avant la salve, la rafale, le jet, le rejet, l’inondation, la catastrophe naturelle, le séisme slipesque.
La tectonique des plaques à l’usage de la reproduction néandertalienne, le tsunami à deux boules et un tuyau, l’arrosage automatique, l’épandage industriel, la miction impossible, c'était lui.
L’orage de la semence, la pluie qui en découle, l’arrosoir à deux pattes, le pompier involontaire, la lance qu’on incendie, les dégâts collatéraux, c'était encore lui.
Skip mon amour, le lave linge comme ultime accessoire, la gêne passagère, le tourment minutée, la douche salutaire.
Il décida quand même de la rappeler afin de s’excuser de son départ rapide quoi que tardif et se promit de tenter son record personnel, à savoir, avoir le temps de se dévêtir avant de faire le plein de sa partenaire et de repeindre tout ce qui passe par là au moment de la mise en route de la salvatrice et néanmoins furtive émission………………..
11 avril 2007
RENCONTRE : 13 ( du 3ième type eh oui !!!!)
Elle se retrouva sur le trottoir en moins de temps qu’il n’en faut à un jésuite pour entonner un psaume en latin, et ce afin d’attendre un taxi.
Dieu merci, il arriva comme prévu et la ramena à son logis moyennant une soulte peu commune en ces heures tardives.
Heures tardives pour elle et l’élégant qui était parti dans son sommeil avec une prestance rare, mais matinale pour notre brave routier qui lui aussi avait fini la soirée sur son adipocyte, et l’avait honoré et déshonoré dans un mouvement premier, avec force et vocabulaire adapté.
La bougresse et les murs du pavillon s’en souviennent encore, l’échelle de Richter aurait pu servir à quantifier les remous qui firent vaciller le lit en forme de vaisseau spatial acheté chez CONFO et qui avait eu du mal à soutenir un tel échange sans prendre peur pour ses fixations à usage standard.
Là, on n'était pas dans le standard, tout était hors norme, le poids, la longueur masculine, la profondeur féminine, les décibels, Pavarotti avec Boney M, autant dire que les voisins ont cru à un crime de sang et que le 17 a failli être sonné quelques fois.
Le repas chez Pizza Del ARTE s’était bien passé, ils avaient continué l’entrée par un plat communautaire et léger comme un civet de sanglier dans la creuse à la saison des vendanges.
Il avaient mangé avec délicatesse et englouti des tonnes de pain qui allait donner ce concert pour pétasse et blaireau en anus majeur.
Le retour au logis fut laborieux entre une libido au sommet, une alcoolémie en phase non aqueuse, et le désir d’en découdre et pas de façon virtuelle, d’ailleurs lui plutôt que d’en découdre, il en aurait arraché des tonnes de tissus bon marché.
Il mit bien sur une heure pour trouver la clé de la R 19, le temps de débrancher les alarmes, et de mettre en route le bolide.
Il passa la porte le premier, une furieuse envie de miction lui empêchant de tenir des propos audibles, il essaya bien la cuvette, mais une turgescence et une alcoolémie lui indiquèrent clairement que le bout de pelouse semblait plus indiqué pour évacuer le trop plein et par là même de se prendre l’espace d’un instant pour un arrosage automatique.
Il arrosa avec minutie jusqu’à ses chaussures et s’en retourna retrouver la grasse qui s’était vautrée dans le canapé et avait commencé à dégrafer son bustier qui servait autrefois de camisole de force.
Le début du combat se déroula donc au salon, pas le temps de boire une collation, ni de converser sur la déco approximative, tels deux sumos, ils se chevauchèrent à des fins érectiles, et de loin, on aurait pu se demander s’il convolaient ou s’ils se chicanaient une poutre.
Pour un néophyte en effet, difficile entre les râles, les cris, la sueur, la transpiration peu silencieuse et le canapé à l’agonie, de savoir s’ils étaient en train de croiser la félicité ou le fer.
Ce qui devait arriver arriva, le dossier du canapé promotionnel céda sous les assauts et du coup ils se retrouvèrent en fâcheuse posture avec un pan du sofa par terre arraché et démantibulé.
Pris dans le tourment, ils ne s’arrêtèrent pas à ce dégât mobilier et il l’emmena avec son transpalette personnel jusqu’au sommier qui savait bien que ça allait être son tour.
La rixe repris de plus belle, elle hurlait comme une vache au pie douloureux à l’heure de la traite et lacérait le dos de son rustre à permis variés qui se prenait pour un cosaque sur un cochon d’inde un soir de beuverie incertaine.
Tout cela dura deux bonnes heures, le temps de tester le mobilier payé en quatre fois.
L’ultime assaut fut héroïque, la belle lâcha un cri strident et définitif qui lui perça le tympan gauche et déclencha le sulfatage en règle de la chambrée, il tenait d’une main fébrile la lance et badigeonna avec une conscience bien ouvrière tout ce qu’il était possible d’atteindre.
Le silence qui suivit fut louche et le quartier entier se retint de peur que la trêve ne soit que passagère.
Sans se brosser les dents ni le fondement, ils s’endormirent, lui ponctua le début de son sommeil paradoxal par un dégazage tonitruant et elle par mimétisme se mit à flatuler du bas.
Quand le réveil sonna vers six heures du matin, elle avait disparu, ou plutôt était tombée du lit sans faire de fruit, elle croulait l’arrière train au vent, et c’est rien de le dire, sur deux bons mètres carrés.
Il se leva, fila sous la douche, se servit un café lyophilisé et se mit en route pour le dépôt en croisant quelques taxis qui se pensait-il devaient ramener quelques douces de leur nuit coquine …………………….
RENCONTRE : 12 ( fin)
Le téléphone sonna, lui sauvant la mise, depuis le temps qu’il la fantasmé, il sentait qu’il allait être à la hauteur de son talent, à savoir deux allers retours.
C’était le gardien de l’immeuble qui le prévenait qu’il avait laissé ses feux de positions et qu’il risquait au petit matin de faire appel à une dépanneuse s’il ne descendait pas éteindre.
Il remit son pantalon à sa place, et s’excusa auprès de la pâmée qui retenait du coup les râles sourds qui s’échappait de sa gorge enrouée.
Il choisit de dévaler les escaliers quatre à quatre, un peu d’exercice lui remettant les idées en place.
Arrivé sur place, il s’aperçu d’une rayure sur le coté gauche du bolide, ce qui l’agaçat fort.
Il savait qu’il lui restait un peu de polish et deux trois chiffons dans le coffre, il se mit à l’œuvre, ne supportant aucunement de remettre à demain l’effacement de cette incongruité automobile.
La rayure était profonde et vicieuse, il avait beau frotté, il voyait peu le résultat de ses efforts.
Déçu malgré vingt trois minutes de soin, il décida d’abandonner la partie et de remonter voir la plante afin de finir au plus vite son entrain qui l’était moins suite à cette découverte citadine.
Elle attendait là sur le sofa, une coupe à la main et la libido en bandoulière.
Lui savait que cette contrariété allait amplifier un don pour le départ imminent, l’étreinte furtive et la honte passagère.
Il était plus doué pour les tableaux excell et les réunions d'affaires que pour les têtes à têtes dénudés si je puis dire.
Le one shot il connaissait et était aussi rapide à dégainer que quinze talibans atrabilaires et belliqueux armés de kalachnikov à un poste frontière entre l'Iran et l'Irak.
Le pire, c'est que cela ne lui procurait qu'une honte trés passagère et trés peu de remise en cause.
La reproduction était prévu comme cela, déjà que cela lui coutait une tonne de restaurant et de boissons diverses, il n'allait pas non plus perdre son temps dans des préliminaires trés occidentaux et qui étaient pour lui le symbole d'une société qui s'ennuie ferme.
N'y avait 'il pas mieux à faire que de tourner en rond autour de la promise alors que la finalité est toujours la même.
Il ne dérogea pas à la règle, se répandit en deux temps et trois mouvements sur la belle et son canapé en cuir, s’excusa d’une déconvenue habituelle, lui proposa d’aller se rafraichir dans un premier temps afin de masquer la semence distribuée de façon généreuse mais désordonnée sur son corps et ses apparats soyeux, puis dans un deuxième temps de finir sa nuit de façon solitaire en sonnant un taxi de nuit.
Il ne supportait pas d'avoir dans son lit qui que ce soit et encore moins donc une douce féminine, de plus suite à l'effort libidineux certes bref mais intense pour lui tout du moins, et aux instants passés à genoux à frotter la carrosserie meurtrie, il tombait de sommeil, et le lendemain, il savait une réunion primordiale et importante voir obligatoire.
Il ne mit donc pas longtemps ce soir là pour s’endormir bien qu’il fut contrarié par la dégradation de sa voiture et des taches sur son canapé………………………..FIN.
10 avril 2007
RENCONTRE : 11 (c'est pas trop tôt, quoi que !)
Il s’approcha de sa voiture, tint la porte à la douce, la claqua sur ce parfum qu’il ne nommait pas, fit le tour par l’arrière, et se mit au volant.
Elle ne disait rien comme vaincue et contente de l’être, elle savait que sa nuit finirait loin de ses habitudes et que le détour dont elle avait envie prenait forme soudain en ces heures profondes où le sommeil est roi.
Quelques trente minutes plus loin, il rentra dans son parking, coupa le moteur de cette limousine. Le silence emplit le véhicule, lourd de désirs en attente, le calme avant l’étreinte était palpable et sourd de promesses.
Il s’extirpa et refit en sens inverse le tour du véhicule, tint la porte de nouveau et la claqua dans un bruit feutré et rentré que les box alignés répétaient en écho.
Deux tours de clé, une impulsion sur l’éclairage, il laissa pénétrer la douce, jeta ses clés et sa menue monnaie sur la console du hall et s’avança contemplant les formes qui allaient s’offrir à lui dans ce décor néo design qu’il aimait regarder avec un éclairage tardif et peu lumineux.
Elle déposa son manteau sur le sofa et y posa dans un même temps ces jambes finement couvertes.
Un brin de musique douce accompagnerait bien ces instants, il fit donc jouer quelques rythmes latins mais binaires à souhait et alla chercher deux coupes pour un MUMM bien mérité.
Le bouchon ponctua un temps fort, pur hasard du rythme, il s’assit tout prés d’elle mais de façon à capter ce regard en attente et cette envie déjà bien présente, les verres se mélangèrent et les baisers aussi, la douceur de ces gestes et de sa peau créait une harmonie sensuelle qui déclencha en lui un fougue tactile qui s’initia le long de ces bas pour remonter en ces endroits secrets, mangrove fondatrice qui regorge de bienfaits et de douceurs exquises.
Le silence couvert par les notes transpirait de soupirs et les corps étaient seuls maîtres de ce moment futile ou les mots n’ont pas d’heure.
Elle se laissa dévêtir, et révéla enfin ce corps aux formes parfaites, dans un mimétisme parfait et peu vocable, elle osa à son tour découvrir le tourment de ces nuits solitaires, les deux corps presque nus ne formaient qu’un seul être et le sofa témoin des réjouissances certaines contenait ces assauts félins et fougueusement maîtrisés.
La sensualité qui se dégageait de leur étreinte les rapprochait en fait, il est des rencontres sensuelles qui ne se retrouvent guère dans la vie anodine et de ces instants hors du temps………………………….
08 avril 2007
RENCONTRE : 10 (enfin à table)
Il lui avait laissé le choix des agapes malgré des souvenirs douloureux de précieuses qui savaient profiter de cette offre sincère et délégatrice.
Elle avait choisi donc un restaurant pour amoureux de bonne facture, alignement gracieux de tables pour deux, bougies colorées qui animaient les tables de quelques reflets chaleureux, lumière au minimum pour deviner cet autre que l’on voulait voir chavirer sous les effluves d’un verre d’alcool, les couverts étaient dressés avec des brins de paille et la carte montrait un sens certain de l’esthétique et la façon enluminée de décrire des mets laissait augurer d’un voyage aux saveurs inconnues en ces heures lascives.
C’était leur deuxième rencontre et le charme n’opérait déjà pas comme il l’aurait voulu, malgré le rythme différent de l’un et de l’autre, il sentit que le déclic lui échappait comme chaque fois ou presque.
Elle était comme on imagine une femme dans ses rêves les plus visuels, c’était la même que dans ce bistrot de quartier à éclairage agressif, mais avec le talent de la mise en scène qui te fait chavirer d’entrée un spectateur lambda, et qui te dispense de compliments muets que tu contiens au fond de toi pour éviter les plates bandes des propos anodins dont elle devait posséder la collection complète en dix volumes reliés.
Il fallait donc trouver un angle pour éviter le pire et surprendre plus qu’agacer ? Mais il était fatigué aussi de cette rencontre et la volonté avait fait place à un attentisme désenchanté.
Il la trouvait moins belle en fait et plus fardée, le soleil avait laissé aussi des traces en fin de saison et la peau démontrait une exposition ridicule de par ses ridules et ses expressions figées.
Le charme est une notion masculine, dommage que celui-ci ne puisse accompagner les années où la plastique féminine va laisser place à un combat sans issue où la cosmétique et les artifices audacieux et onéreux, vaillants soldats ne pourront transformer une éphémère attirance en un charisme sain et grisonnant.
Injustice en fait où s’enferment les douces, mais comment faire autrement ?
Elle ne dérogeait pas à la règle et la façon pathétique dont elle essayait de maintenir une fraîcheur enfantine n’avait d’égale que le masque brillant des lueurs assassines que les lucioles complices activaient face au néant.
La magie avait disparu et avec elle une partie de ce désir qui occupe l’esprit le long de ces files automobiles à radio fixée sur le CAC 40 et à imaginaire embarqué.
Face à elle, et dans ce don d’ubiquité qui l’aidait face au désir d’en finir, il laissait revenir au seuil de ces pensées, le souvenir de la lecture ciselée d’une douce courtisane et s’imaginait en découdre avec les mots et la plastique dans un jeu de paume et sans filet.
Il avait une quête, un graal, en fait, réunir en un seul être, une plastique et un talent créatif, mélange de formes et de fond, alchimie du paraître, de la vacuité première et de l’érudition et du savoir, une pincée de dérision qui donnait le ton d’un parcours, une once de recul et une mesure de hauteur sans condescendance.
Voilà ce chemin qui le menait vers l’autre, visiblement, ce soir de plus serait encore le rituel café sans l’addiction mais la courtoisie lui fit entretenir un bon moment et découvrir sous les apparats, un âme sensible, quoi que figée dans des paradoxes qui ne peuvent avoir de sortie sans un réel désir de se savoir muter.
Tout en écoutant la douce se débattre dans des dérélictions, il songeait à la façon que celle-ci pourrait décrire ce moment de vie, et si elle possèderait le talent pour tenir en émoi le lecteur anonyme qui se verrait ainsi dans ces histoires anodines.
Quelques instants plus tard, ils firent quelques pas à l’abri de ruelles ruisselantes, la pluie printanière ajoutée aux reflets des quelques véhicules égarés donnait un cadre idyllique pour un ultime baiser, elle l’enlaça comme pour le remercier de ce moment hors du temps, ils s’embrassèrent en silence et en volupté, lui savait le coté définitif de cet ultime rendez-vous, mais savourait enfin ces moments indécis où tout bascule enfin et où les émotions, pulsions et désirs se mélangent annonçant à venir des effluves de plaisir……………………………………..
06 avril 2007
RENCONTRE : 9 ( constat...... à l'amiable)
Des râteaux, il en avait une collection, il en connaissait les prémices, les signes annonciateurs, les formules et la façon de les ranger dans la cabane de son jardin secret personnel.
Il avait essuyé des refus autant que de vaisselle du temps de ses études et de son début de vie familiale.
Des bâches, il en avait aussi de quoi faire un joli campement.
Il en avait senti des refus positifs, fermes et courtois, des envies que l’on évite, des reculs devant la peur de l’échec et du savoir de la douleur d’une rupture.
De la fuite dans les idées, elles en avaient pour la distribution d’outils de jardin, mais au hit-parade jardinier, le râteau arrivait bien avant la pelle et la brouette japonaise.
Il savait qu’à son âge, une histoire commence par une tonne de questions existentielles, et que passé la trentaine et quelques souffrances, l’esprit et le cœur participent d’une histoire d’amour ensemble et qu’à aucun moment, l’un va laisser l’autre y aller seul.
À vingt ans, le cœur y va solitaire et arrogant, vaillant chevalier sans armure, qui part au combat en ne pensant qu’à la victoire et ne se doutant pas que la bataille va faire rage parfois et laisser sur la route des désirs amoureux, des passions contrariées, des envies bafouées, des destins tragiques, des marques indélébiles, des blessures assassines, des peurs fondatrices, des manques de courage, des revanches imbéciles, des luttes de vouloir, des instants indécis, des solitudes sombres, des promenades infirmes.
Bien après, ces deux qui ne forment qu’un, deviennent compagnons pour le meilleur et le pire, se consultant sans cesse et se contredisant, laissant des nuits orphelines et des matins grinçants, mais que retient-on vraiment, et que décide t-on de ces luttes intérieures qui te font ressasser sans fin des tourments anodins qui se résument souvent à un jeu de bascule, où chacun veut rester maître de sa vie et gérer son désir, alors que l’on succombe du fond de ses entrailles à cette envie première de fusionner celle-ci, de l’offrir en partage et souvent en pâture.
En deux mots et quelques années, il avait connu tout ce qu’un homme de son temps, un peu sale gosse, un peu gendre idéal, peut rencontrer au cours de sa vie amoureuse.
Mais là, il lui fallait sortir la panoplie des grands jours et du carnaval de Venise ainsi que des capteurs très fins pour décrypter les miettes de proximité que la douce laissait traîner sur le sol et la moquette.
Pourquoi en fait, continuait-il à entretenir cette relation frustrante, lui qui pensait que le hasard n’est pas une donnée fondatrice, que les gens que l’on croise sont tous mais alors tous là pour te montrer ou t’apprendre quelque chose.
Elle avait donc croisé sa vie, enfin un instant de celle-ci, et il avait croisé la sienne, dans quel but et à quelle fin ?
Lui allait au bout de sa logique, sachant que tout cela lui servirait plus qu’il ne pensait, il savait aussi que la lassitude le gagnerait de façon douce et indolore et que l’espacement se ferait de façon assez simple et sans aucune diatribes belliqueuses.
À force de ne rien désirer et de ne distiller aucun signe infime d’une curiosité naissante, elle lui donnerait l’envie de mettre son talent épistolaire et son sens de la communication au service d’une recherche qu’il reprendrait tranquillement à sa façon.
Il gardait le souvenir de cette belle inconnue qu’il avait croisée un jour et qui lui révéla plus tard qu’elle n’avait pas su voir derrière la façade, la profondeur de ce sale gosse trop bien habillé et ce talent certain caché sous une armure faite de dérision peu commune.
C’est un chemin de vie que d’aimer les femmes et de mirer sans fin des formes cultes, d’avoir ce regard en éveil et ce plaisir, certain de contempler comme une toile de maître, ces formes qui chavirent et font de nous des hommes.
Ce renvoi narcissique que l’on recherche en vain n’a que faire des projections en fait, et savoure l’instant comme on le fait d’un met, assis aux bras d’une douce qui reflète enfin, ce doux rêve secret de conquête infime qui remplit souvent de chagrin mais qui s’ouvre aussi à la volupté d’échanges incertains qui ne tiennent toujours qu’à un fil.
Après quelques échanges, ils avaient convenu d’un dîner pour la fin de semaine………………………..
04 avril 2007
RENCONTRE : 8 (étirement)
De cette solitude il avait organisé le moindre recoin et le sablier qui « timer » son planning.
Ainsi tous les matins, après le café serré et le nuage de lait qui se dissipe, il allumait son PC et faisait le tour de sa vie virtuelle, blogs, mails, et autres contacts inconstants via sa messagerie.
La toile était tissée, sérieux refuge en ces temps venteux où le dehors effraie et où le confort douillet d’une couette est un artéfact trop plaisant pour en déceler les limites assez visibles.
En fait depuis quelques temps, il s’était senti attiré par une douce aimante.
Il était fasciné par cette façon élaborée et si naturelle qu’elle avait de tenir ce lien et cette attirance à une distance respectable et de gérer un discours qui ne l’était pas moins.
Le coup de foudre n’était plus de son monde, elle ne faisait plus confiance en son cœur fragile et laissait la raison et la maîtrise régler le quotidien, douce bataille intérieure entre une sécurité affective de par l’absence et une adrénaline que seule la barrière franchie peut créer.
Elle distillait les mots, comme un élixir, sans jamais baisser la garde, c’était pour elle, s'affaiblir. Le virtuel lui déplaisait fort disait-elle, mais dans une duplicité douce et réelle, elle mettait une photo sirupeuse en ligne dont elle ne savait que trop qu'elle ne pouvait être destinée à des fins amicales de copinages, en effet met-on une telle photo évocatrice d'un corps enivrant pour discuter avec des copines et encore moins des copains fussent-ils très clairs et sains d’esprit.
Dans ce terrain de jeu informel, exhibe t-on de cette façon, à la vue de son relationnel, fut-il en 2d, son corps partiellement dénudé et évocateur de désirs en jachère, ou s’en tient-on plus souvent à une photo de soi valorisante certes, mais anodine quand à la charge sensuelle et évocatrice?
La photo dévoilait une femme d'âge moyen alanguie sur le ponton d’un bateau de taille moyenne, les cheveux d’une blondeur extrême masquaient à peine une épaule dénudée et un maillot de bain blanc dont on sentait qu’il mettait en valeur une poitrine idéale.
Le hâle rajoutait à la prise de vue, et je m’imaginais cette photo à la vue de copines et amies certes sincères mais légèrement agacées par une plastique élégante malgré les ans et une pose qui ne laissait aucun doute quand à la qualité de ce corps vieillissant que le soleil avait coloré de façon somptueuse.
Non, il était clair pour peu que l’on veuille bien le sentir, qu’une telle photo n’avait d’autre but que de déclencher une addiction sans compromis.
L’autre hypothèse était de penser à un narcissisme exacerbé qui sonnait le glas des quelques années encore où le physique pourrait l'aider mais qui collait mal avec les mots et les propos qui sortaient avec parcimonie de cette image mystérieuse.
Mais que sait-on de ces manques de confiance en soi que l'âge distille et qui se cachent derrière des sûretés dimensionnelles et des tissus élaborés.
Face à ce délice visuel qui devait se faner un jour, soit le contact masculin était seul et sans passion amoureuse, et la porte s’entrouvrait sur des fantasmes devant une invitation photographique avérée, soit il n’était pas seul et sa douce devait se tenir loin de l’écran si elle ne voulait pas se poser quelques questions légitimes quand à l’ambiguïté d’un échange avec une telle plastique.
C'était un de ses paradoxes, il lui avait semblé en fouillant dans ses archives relationnelles qu’à chaque fois qu’il avait eu sous les yeux ce genre de photo d'une douce, c'était à usage unique et dans un but bien précis de jeu de séduction, aucune femme, lui semblait-il, ne s'affiche de la sorte en dehors d'un désir de conquête en filigrane.
Cela lui rappelait un ami pourvoyeur de tissu qui s'amusait du balai des féminines entre deux âges qui exhibaient au fur et à mesure de leur vie leurs formes à des fins rassurantes et de ces jeunes filles qui se cachaient quand à elles des regards indiscrets n'ayant rien à prouver ni personne à rassurer.
Elle avait donc besoin d‘un renvoi narcissique énorme qu’elle cachait avec talent sous un détachement suspect qui collait mal avec une douceur de voix et un débit dénué de mauvaise foi.
Au hasard de livres parcourus, il avait bien lu que la parole représente dix à quinze % du contenu d’une relation, bien d’autres formes de communications sont à comprendre pour celui qui ne veut se perdre dans les méandres ambigus des ambivalences et des interférences entre les mots énoncés et souvent non-dits et les attitudes infimes et les gestes anodins qui signent plus souvent qu’à leur tour un désir ou tout du moins une curiosité affective que l’on enfouit au fond d’un sac et qui dépasse toujours par un bout.
Pour un œil avisé, c’est ce que l’on cache le plus qui se voit le mieux, et savoir se débarrasser des leurres et autres artifices qui font d’une rencontre un labyrinthe est un exercice de survie prioritaire pour qui s’avance en des terres où le maquis est une règle d’or avec ses codes, ses phrases inversées, ces questions sous forme de sentence.
Il lui appartenait de capter tous ces mouvements et tous ces faits et gestes anodins pour poser la toile de cette relation qui se refusait à lui mais qui soufflait le chaud, le froid, et le tiède comme elle disait, mélange de douches journalières, où le moindre propos à chaleur plaisante était balayé par un propos concis, cassant et jouant plus que de raison sur la syntaxe et la forme.
L’art de jouer avec le verbe rentrait en résonance et permettait de bien gérer le niveau désiré de l’échange tout en se refusant de façon douce mais réelle………………………..
03 avril 2007
RENCONTRE : 7 (douche et bain moussant)
Il rentra chez lui, se servit un verre de rosé, mit un fond musical tonique et s’installa sur son sofa, longtemps qu’il n’était rentré d’une rencontre issue de son clavier avec une émotion au ventre et une envie de poser les choses.
Depuis longtemps, il savait gérer ce temps imparti où la première minute donne le ton de la relation et où la sensation primitive va situer le contact à un niveau soit libidineux pur, soit charnel et sensuel, où va se faire projeter une vie à deux entouré des siens voir plus.
La proportion d’échec est en rapport direct avec sa propre notion du compromis relationnel, lui ne pratiquait pas cet exercice périlleux qui te fait croire sans cesse que ta vie est pleine de félicités et qui te fait échouer devant des schémas de vie récurrents et douloureux.
Il avait bien compris dans sa première histoire que ce choix de rupture et de fracture de vie était un signe d’un désir autre, d’une autre voie, d’un chemin en friche à explorer, et non pas d’une erreur de casting comme il est trop facile parfois d’accuser l’autre pour se soulager soi-même d’un fardeau inutile à ses propres yeux tourmentés.
Alors il en avait croisé des désirs en attente, des soupirs étouffés, des amoureuses folles, des envies d’oublier.
Lui savait que son départ, et ce revers de manche qui balayait le légo patiemment construit avait un sens plus profond que ne le laissaient croire les apparences de beau gosse courtisé qui aurait subi le coté sombre d’un pouvoir de séduction qui mène au tourment et au chaos familial.
Il sentait bien au fond de lui qu’il restait à inventer un autre chemin qui permettrait un échange et une fusion sans générer de confusion ni de compromis douloureux et muets.
Elle rentra elle aussi chez elle et se fit couler un bain, alluma quelques bougies, baissa d’une octave l’intensité lumineuse et se glissa dans l’eau sans éveiller le moindre remous.
Pensive, et rêveuse tout à la fois, elle aimerait bien succomber une fois encore mais la leçon avait été trop violente et harassante pour ne pas se protéger de ses propres envies et de ses tourments indicibles qui te font désirer la morsure d’un désir naissant.
Ils avaient sans le savoir vraiment la même approche ou en tout cas le même tourment face à la vie à deux, chacun à sa manière gérait son rapport à la solitude qui n’est en fait qu’un rapport à soi-même, à sa façon de se supporter et de se regarder sans complaisances aucunes……………………………………..
