PLATEAU TV

Hier soir, grande soirée anniversaire à budget restreint sur la sixième chaîne de télévision française.

Vingt ans de séries de seconde classe ramassées dans les poubelles américaines de la Warner, et autant de programmes courts qui sont la marque de fabrique de cette création télévisuelle, on se devait de fêter cela de bonne façon et en bonne compagnie.

J’ai zappé le début insipide avec des images vues et revues mille et une fois, il est clair que la Six maîtrise depuis longtemps l’art du remplissage avec pas grand-chose, et que tenir des heures et des heures d’antenne avec un actionnaire plus prés de ses deniers que de son éthique première ne favorise pas le talent novateur et les idées qui décoiffent.

Après avoir passé au peigne fin ce qui peut retenir un auditoire qui oscille entre la sieste nocturne et l’envie d’en découdre avec l’oreiller, on s’approche doucement vers le clou de la soirée et le moment collector attendu.

C’est MOF qui a le privilège d’animer le talk chaud de deuxième partie avec un florilège de stars de second plan, d’anciens animateurs à démissions aigus ou licenciements secs, et de nouvelles stars qui se gargarisent devant un parterre de spectateurs médusés de tant d’audace.

On commence avec trois anciens de la chaîne et un ancêtre vénéré par la profession qui sévit à deux encablures de là.

On se serait cru à une rétro de canal avec beaucoup moins de choses à raconter, faut dire que la Six, question innovation,  a juste réussi à pomper un programme là encore américain, et à faire copuler une siliconée avec un vrai mais sincère con dans une piscine préfabriquée à rebords en bois et caméras cachés.

A l’époque, il n’en fallut guère plus pour crier au phénomène de société, comme quoi l’ennui est éternel devant ces écrans sulfurisés.

Les trois anciens combattants représentaient chacun une émission qui avait marquer ses vingt années de création pour petit et grand.

Capital, l’émission pour les loosers qui rêvent de l’être un tantinet moins, et qui se croient regarder une émission économique comme leur boss, alors qu’ils ne contemplent qu’une peopolisation boursière de ce qui fait avancer le salaire des uns et le désarroi des autres.

Regarder Capital, c’est faire partie du mouvement économique national et international, c’est se croire dans le système et croire en percer les rouages.

Culture pub, on continue dans le pathos égocentrique de la chaîne thématique, qui veut éveiller le basique au rang de conscience et qui veut décoder la façon dont on peut sans vaseline mais avec humour se faire faire un toucher rectal et recto verso.

Le loft, deux mots, une piscine, un patin, le résumé ultime de la saga à travers la serrure et l’oreille collé contre le montant, le voyeurisme comme étendard et l’audience comme caution solidaire.

Arrive enfin le seul moment d’émotion, Missel Drucker, qui évoque la mémoire de son défunt frère, chapeau et sincérité palpable.

On va continuer avec le retour du coming out de notre très cher maire de Paris, et l’émission va s’étioler en langueur avec deux ou trois illustres qui vont essayer de le rester, et le jury prétentieux et sur d’eux même de l’émission qui fait croire à chacun qu’il a une chance d’avoir l’air ridicule devant quatre érudits à costumes variés et qui pérorent de façon narcissique, l’oreille étant distraite devant ce miroir en trois dimensions de l’ambition illégitime et de l’usurpation de talent.

Ce n’est pas le hasard d’un artiste de passage suite à une promo bien ordonné et d’une chanteuse ethniquement correcte qui changera le cours des choses, et de ces petites vies avides de ce renvoi qui parfois nous emmènent jusqu’au rendu fatal.

Je finirais la soirée sur Internet et passerai sous silence la prestation sans talent de ce cher animateur qui pour des raisons que j’ignore a perdu le fiel qui faisait son talent……

Les sms vaseux d’une speakerine mal à l’aise ne changeront rien à la voie d’eau. Le sommeil me gagnait et je dus donc me résoudre à rater la fin de cette soirée d’anniversaire raté…………..