Il se réveilla sur le coup de onze heures malgré sa soirée agitée, pas tous les jours qu’on retrouve sa voiture rayée de la sorte mais il avait un mental fort et savait faire face à l’adversité.

A quinze jours des élections, cette rayure allait modifier son vote, de tendance modéré en toutes choses, il sentait monter en lui un bulletin de révolte voir nul.

Un nespresso bleu clair plus loin, il décida de ne pas aller au dépôt, les chauffeurs connaissaient leur travail et les plannings de tournées étaient programmés bien à l’avance.

Il essaya de remonter le fil de sa soirée et la façon dont il avait baclé la fin et remerciait la prétendante comme à son habitude.

Elle était quand à elle rentrée sur sa fin, ayant rarement croisé un sulfateur dans ces rencontres d’un soir, elle essayait de se remémorer sans succès si elle avait déjà croisé un tel rapido.

Sa tendance au départ express remontait à loin, du temps de son adolescence, instants ou le jeans 501 se trouvait entaché suite à un slow à durée excessive et ou sous la couverture, il ne pouvait se retenir au-delà de la minute, ah il en avait souillé des fonds de culottes, des slips à rayures, des mains fébriles et des bouches adolescentes.

Il y puisa la force d’une carrière ambitieuse afin de confirmer l’adage ridicule de la grosse voiture et du petit instrument, car non content d’être doté d’un appendice à éjection rapide, il était de plus affublé d’un instrument plus proche du coton tige et du cure dent que du marteau piqueur et du concombre transgénique.

La mise en maillot était pour lui une épreuve et les sorties de piscine avec le tissu qui colle de prés le mettait plus mal à l’aise qu’un convoi de l’ONU à un poste frontière moyen oriental quoi que bien orienté.

Il essaya de consulter vers ses trente ans pour en finir avec ce tourment qui le faisait dévaster des mètres de sofas, des cuirs pleine fleur et des apparats féminins qui n’en demandaient pas tant.

Le sulfateur, c’était son surnom, Emile le sulfateur, le roi du déclenchement immédiat, pas de préapalabres, pas de mise en bouche, pas de préliminaires audacieux, pas de caresses en attente, pas d’instant en suspens.

L’artillerie avec un opinel, l’assaut avec une cuillère à café, la prise de la bastille sans fusil, la kalashnikov qui s’enraye, l’AK 42 qui se grippe.

Rien ne pouvait l’arrêter, sitôt l’étendard élevé, le temps était compté, les minutes décomptées, les secondes égrenées avant la salve, la rafale, le jet, le rejet, l’inondation, la catastrophe naturelle, le séisme slipesque.

La tectonique des plaques à l’usage de la reproduction néandertalienne, le tsunami à deux boules et un tuyau, l’arrosage automatique, l’épandage industriel, la miction impossible, c'était lui.

L’orage de la semence, la pluie qui en découle, l’arrosoir à deux pattes, le pompier involontaire, la lance qu’on incendie, les dégâts collatéraux, c'était encore lui.

Skip mon amour, le lave linge comme ultime accessoire, la gêne passagère, le tourment minutée, la douche salutaire.

Il décida quand même de la rappeler afin de s’excuser de son départ rapide quoi que tardif et se promit de tenter son record personnel, à savoir, avoir le temps de se dévêtir avant de faire le plein de sa partenaire et de repeindre tout ce qui passe par là au moment de la mise en route de la salvatrice et néanmoins furtive émission………………..