Le printemps arrivait avec ses odeurs de pelouses fraichement tondues, ces journées qui s’étirent comme au sortir d’un long sommeil, ces envies de farniente, de sieste à l’ombre avec un vent léger adoucissant le thermomètre déjà vif en cette saison.

Le week-end s’annonçait avec ces départs vers le calme, ses marchés au soleil, ses promenades sans rythme assorties de discours sur l’air du temps, les douceurs et les petits riens qui embellissent ces heures en suspens, but d’une vie sans que cela ne paraisse.

Il avait décidé d’aller voir la mer, y tremper deux orteils sur un pantalon relevé, de se croire accompagné et de rêver enfin au bras d’une courtisane un instant hors de tout, ponctué par les heures sans certitudes aucunes.

Il fit la route en fin de journée, face à lui-même, à ses tourments, ses questions infinies sur la vie, ses envies, ses ennuis aussi.

Ses enfants étaient loin vers d’autres alpages riant à pleines dents de l’insouciance reine qui régit ses années, où les questions se posent et s’évaporent dans le tourbillon des jeux anodins qui font d’une cabane, un château protégé.

Ah ces douces heures enfantines ou la candeur irradie toute chose, où le moindre bout de rien fait dévaler l’imaginaire, où la dose est infime pour être en bonheur, où le sommeil profond recouvre de tout son être ses journées remuantes où le corps et l’esprit n’ont pas de faux semblant.

La route sinueuse lui changeait les idées de ces lignes autoroutières, la fin de journée rajoutait à cette atmosphère impalpable qui mélange mélancolie, bien être et profondeur.

Il repensait à sa journée, à ses semaines passées, à ces trois années qui l’avaient vu s’enflammer, s’enivrer de ce désir immense de devenir autre, et puis cette descente aux enfers imbéciles, les chiffres alignés comme vigiles de nuit, les ressentis infimes qui hachent celle ci, les réveils incertains aux mains de cachets assassins.

Tout cela avait commencé bien avant en une saison qui regorge de questions, de tourments indociles, de désirs inavoués, de tumultes enviés, de cascades de vies……………………………..