Gagner sa vie ça coûte cher

Un chef d'entreprise looser aux prises avec des salariés qui ne le sont pas moins

27 février 2007

FIN DE JOURNEE A BULLER

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VERNISSAGE ET BAVARDAGE

 J’ai été convié hier en fin de journée à un vernissage dans un arrondissement qui se prête de bonne grâce à ce genre de circonvolutions à but pseudo intello et abaissement cutané.

Un ami artiste à ses heures, qui se répand sur la toile comme d’autres dans les tablettes sulfureuses de torchons souillés par la prose imbécile de courtisans zélés, attirés qu’ils sont par la lumière comme une mouche bleue peut l’être par une exultation abdominale au sortir d’un repas dominical, familial et provincial, un ami donc exposait ses délires rupestres à des fins mercantiles devant un parterre de précieux qui frisait non pas le ridicule mais le convenu dans ces lieux bien trop lisses pour engendrer une œuvre fut elle de génie.

Je ne pus refuser cette invitation et du donc décaler mon planning de travailleur acharné, ce qui fut fait non sans mal.

Certes à ces heures ou la France s’assoupit devant un écran plat comme la soirée qui s’annonce et savoure avec ennui la réduction du temps de travail du haut d’un salaire indigent, je n’avais quand à moi en principe fait que la moitié de ma journée de labeur.

Je sortais d’une réunion éprouvante pour mes nerfs, j’avais dû côtoyer deux heures durant ce que l’école de Jules Ferry a raté de la façon la plus magistrale qui soit, à savoir deux acariâtres à talons et un syndicaliste retord à propos réducteurs et phrases prêtes à l’emploi.

Autant dire que le ramassis de talons hauts et de mèches tournoyantes accompagnées de leur pourvoyeur en crème édulcorée qui foulait le parquet vitrifié de cette galerie n’avait que peu de lien avec mes interlocuteurs de l’heure d’avant. Mais le désarroi était fort devant un tel nombre de faux intellos, de pseudos érudits, de propos dissonants et de compliments fielleux.

En avoir autant au mètre carré est extrêmement rare, et avoir en face de soi et cerné de toute part autant d’artéfact et de faux semblants, rassure quand à l’homogénéité de la crétinerie flagorneuse de ces jeunes quadras aux femmes allongées qui au travers de phonèmes peu usités décrivent leur émotion plate comme une bande au jardin juste en face de ce lieu de prébende.

Autant de sommités ridicules en un lieu déclaré était une gageure qu’avait su relever mon ami créateur de rêves pas bon marché.

Je m’amusais du coin de ce salon de voir ce simulacre, ce théâtre de guignol à chéquiers rutilants et contemplais pantois l’art de se répandre sur tout et n’importe quoi qu’avait de façon pleutre bon nombre des conviés à cartons notifiés.

Je serrais quelques mains moites comme de coutume en ces lieux, et quelques courbettes me fussent offertes en regard de mon rang, je hais ces bonnes gens aux manières peu discrètes autant que ces manants qui veulent être de la fête.

La race des seigneurs se gausse de toutes ces fêtes dédiées à ce présent qui de loin les embête, mais j’échangeais quand même une coupette à la main, quelques inutilités de bon tain dans ce lieu et donnait des nouvelles des enfants.

Lucien étrennait sa nouvelle conquête, une blonde extrême qui tenait à hauteur un regard condescendant et arrogant sur ces libidos costarisées qui reluquaient de manière peu discrète les tableaux de l’artiste et le fondement irréel de ce jeans à label franchement bien porté.

Elle devait naviguer dans des dimensions peu usuelles et était équipée comme il se doit pour traverser la vie aux bras de cartes bleues fournies, les fesses dans des sofas et les doigts entourés.

Ce brave Lucien fraîchement divorcé avait fait son marché dans des pays de l’est au cours d’un séminaire sur le gavage des poulets de Bresse en milieu confiné.

Il était parti pour des poulets et était revenu avec une poule transgénique à vocabulaire haché et rire strident quoique rare.

Du haut de son mètre soixante cinq que le costume arrondissait, on aurait dit un loupiot qu’une jeune fille au pair amenait à l’école.

IL avait l’art de faire chauffer une carte bleue entre ses doigts agiles sans jamais y mettre le feu, ce qui compensait un physique pas facile voir indigent.

Prés du buffet, comme il se doit, se retrouvaient les stackanovs des invits sur cartons, loin du brouhaha récurrent de compliments frustrés, ils remplissaient leurs panses sans être vraiment gênés et goûtaient aux bouteilles pour accompagner leur dîner.

Sur trois rangs alignés, le long de cette table, ils faisaient fi des regards et des soupirs appuyés, ils étaient là pour la bouffe et comptaient bien y rester, à d’autres l’émotion, le regard, les regrets, eux, c’était la bombance avec tous ces bienfaits.

Combien en ai-je croisé de ces bedonnants précieux qui fonçaient au buffet comme d’autres à confesse et qui de façon méthodique et maniérée s’emparaient de belles pièces pour mieux s’empiffrer.

Un vernissage sans l’élu du coin en période post électorale est un vernissage raté, là comme ailleurs on avait droit au député qui gratifiait de façon pontifical l’entourage zélé, de bons mots distillés et de vagues subtiles sur l’art et ses bienfaits aux murs des salons.

Je m’ennuyais ferme attendant le moment propice pour m’éjecter de façon anodine sur le trottoir de mes pensées vagabondes quand je fus interpellé par une connaissance que je ne connaissais guère mais qui avait l’air d’en savoir plus sur mon charisme et mon aura naturelle que moi sur sa morve sibylline et ces phrases ampoulées qui tournaient en rond comme savent si bien les utiliser les dicteurs de réunion en milieu public ou l’art de raconter en deux heures à une foule hébétée de fonctionnaires un propos qui se suffirait d’une dizaine de minutes à l’horloge bien comptée.

D’une allure forte alerte ma foi pour son âge, il me raconta un épisode de sa sinistre déambulation festive ou il me croisa un matin de bonne heure dans un état d’ébriété avancé et me rappela les propos que je lui tins sur la vie et ses humeurs.

Ma logorrhée l’avait marqué plus que moi, mais c’est le propre des gens de talent de ne s’attarder guère sur un auditoire anonyme, fut il argenté et alcoolisé, que d’aucuns n’y voient un renvoi narcissique, il s’agit simplement de replacer dans un contexte étiré, ce que j’avais pu dire de façon adapté à un parterre de nantis à émoi en retrait.

Je l’écoutais de toute façon d’une oreille distraite et hypocrite, regardant par-dessus son épaule une brune aux yeux verts qui venait de rentrer en cet antre ou les regards s’échangent aussi vite que les cartes de visites, il était 19 h 20 et j’en conclus donc que c’était une marchande, je n’avais que rarement croisé un regard et une expression aussi intense, la finesse de ce corps et la longueur de ces jambes finirent de me captiver et je me perdis en remerciements courtois et pressés afin de m’approcher de cette douce fée qui n’avait pas l’air de connaître ce lieu et encore moins cet aréopage hétéroclite de piques assiettes, de nouveaux riches à la recherche de la toile qui fera déraper le budget artistique mais qui fera du bien à ce hall maudit ou séjournent ridicules deux tapis fatigués de n’avoir à mirer le long de ces peintures de beaux cadres fortunés.

Je pus enfin lui proposer une collation (en ces lieux de bienséance, un verre est une collation) et lui proposer de me suivre en un angle ou le bruit assourdi ne gênerait pas notre échange de cv.

Elle me suivi prestement, et dans l’effluve naissante, je sentis que la soirée s’annonçait de façon agréable, restait à régler quelques menus problèmes et mails en attente et je lui proposer de picorer quelques sushis, ceci lui permettant de ne pas obérer cette ligne parfaite qui devait demander quelques heures de sport, ce qu’elle me confirma plus tard dans la soirée.

Ainsi va la vie le long de ces soirées mondaines ou l’ennui emblématique peut parfois réserver des surprises féminines de bonne tenue, et changer le cours d’une vie ridiculement argenté en un havre de paix pécunieux.

Ainsi vont ces rencontres en milieu désespérant de platitudes ou les mots échangés sont calibrés et pesés, ou l’écart de langage ne se pardonne jamais, ou les gloussements de femmes adultères viennent en écho aux oreilles de ministres à maîtresses, ou le serveur habile abreuve le nanti qui sirote goulûment des verres anonymes ou miroitent sans fin des glaçons, symboles pathétiques de ces vies en dérive qui se noient dans le monde comme on trompe l’envie au pied de simulacres de rencontres joyeuses ou l’alcool, bon enfant protège le non dit.

Nous échangeâmes nos phones number, nous promîmes de nous caller soon, je la raccompagnais à sa petite (mini) voiture rouge, mon chauffeur attendait et senti à ma voix que j’avais…………………………. trop parlé…………………………….

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25 février 2007

CLAVIUSCRIT A DEUX DOIGTS

LE CE* C’ EST EUX ET NOUS C’ EST NOUS

* : comité d’entreprise

Ils étaient là tous les trois contents de fouler de leur démarche ridicule et empruntée une moquette tondue la veille.

La coutume fut qu’avant d’assister à ce simulacre de démocratie hypocrite, les trois lurons aillent se sustenter, aux frais de leur budget, dans un restaurant qui leur permettait, le temps d’un déjeuner, de s’imaginer la difficulté et le coté répétitif de ces restaurants d’affaires, ou se côtoient à des fins de meurtres sans motifs, des costumes repassés et des idées fumeuses sur de vils stratégies qui ne visent rien de plus que de faire mettre en terre la SAS du voisin de tablée.

Mais manger et boire plus que de raison dans ces lieux improbables amène à une somnolence ponctuée de renvois gastriques et de rétention abdominale qui torture les convives et leurs font perdre le peu d’attention qu’ils posent avec cet air imbécile, caractéristique première d’une poule devant un tracteur.

Ne pas voir de métaphore volaillère serait un agrément pour la lecture et pour la susceptibilité légendaire et coutumière de la horde de féministes qui attendent le dérapage verbeux afin de tancer par un commentaire courroucé et de conforter le dérisoire d’un état de fait.

Déjà que l’un des trois représentants a des problèmes récurrents d’haleine et que le second et le troisième ont une passion commune pour la denrée liquide à taux étiqueté, autant vous dire que les questions qui vous tombent sur les chaussures ne vous font pas mal aux pieds.

Comme toutes les questions qui concernent le salarié de base, celles-ci vont tourner autour du salaire et de la façon dont le CE peut améliorer le taux de glycémie et de cholestérol de ce monde qui fourmille au milieu des agapes mondaines.

Mon assistante a beau essayer de m’expliquer, je n’arrive toujours pas à comprendre que l’on se chamaille pour 30 voir 50 euros brut de plus par mois, comme si cela allait changer la face des choses.

Franchement de vous à moi, 50 euros, 1/3 de plein à la pompe, un demi resto, dix minutes de shopping, 15 d’apéro, il n’y a pas de quoi se formaliser pour de telles sommes, mais c’est tout l’art du pauvre de se fixer sur le détail alors que l’essentiel est plus loin, plus haut, plus fort.

50 euros, même pas la moitié du quart de ce que je donne à mon second pour son argent de pocket, encore que j’y vais crescendo, je suis dur et intransigeant avec eux là-dessus.

Mon aîné qui approche les 19 ans, et qui voit donc, suite à la voiture et à sa vie d’étudiant, ses frais explosaient de façon exponentielle se voit limité à un budget équivalent au SMIG.

Je pense que c’est une bonne école que d’essayer de vivre avec 1 000 euros par mois, c’est une épreuve douloureuse pour lui et pour moi aussi parfois quand je le vois partir au volant de son Audi sans savoir s’il pourra aller jusqu’à la fin du mois.

Mon second depuis qu’il a brûlé un billet de 1OO euros au nez et à la barbe de son prof s’est vu punir et se contente de 300 euros au lieu des 400 habituels, je ne pouvais le sevrer de façon brutale.

Quand à ma puce, à 9 ans je pense qu’une somme de 100 euros en petite coupures et piécettes lui permet d’apprendre les rudiments de la collusion et de la servitude de petites copines qui de façon statistique finiront pour la plupart au supermarché du coin ou à la tête d’un manche à balai de bonne facture.

Tout cela pour vous dire que s’entendre parler de 50 euros en milieu d’après midi est d’une malséance assez symptomatique des gens qui composent et décomposent ce moment d’échanges argumentés.

Après le salaire, c’est au tour des agapes que le CE va se concentrer avec l’élégance que peut avoir un QI cumulé de 150 à trois bulbes imbibés non pas de leur fonction mais de leur digestion.

Il est un savoir faire que de tenir une réunion en début d’après midi, combien en ais je vu flancher bêtement suite à un fondant au chocolat et un verre de rosé, combien ont perdu leur moyen suite à un repas trop lourd à porter, combien ont vu leur cerveau en panne suite à un estomac qui avait besoin d’une énergie débordante afin de contrôler l’arrivage subit de denrées sirupeuses à sauce mijotées.

Les trois compères ne dérogeaient pas à la règle, et trop content de profiter d’un chéquier libellé, abusaient comme tant d’autres de cette manne qui leur tombait dessus et dont ils ne savaient que faire, alors resto et salon approprié les rassasiait de ce désir de faire comme les vrais, les patrons, les nantis.

Alors qu’ils auraient pu s’intéresser à des tableaux ingénieux, à des chiffres langoureux qui annonçaient des lendemains qui chantent en fond de pension, ils préféraient poser des questions à des fins alimentaires et festives, repas de fin d’année, chèques cadeaux et chocolats avariés.

Je passais donc deux heures à me curer les pieds en écoutant la litanie de bienfait que seul un salarié pouvait apporter à ses semblables.

Le comité à usage digestif, l’élection à usage festif, les délégués qui déléguaient, le foie gras au prix du pâté, le champagne millésimé au prix du mousseux de quartier, l’ascenseur social à l’usage du colon, la réunion comme point d’ancrage à des fins adipocytaire, la bouffe comme échelle de rigueur.

Tout y passait, alors qu’il est si simple de se faire livrer, je me trouvais en décalage complet, mais qui avait tord et qui avait raison, j’avais ma petite idée, mais je les laissais bavasser sans fin, regardant ma montre à cadran certifié.

Nous passâmes ainsi deux bonnes heures à parler de pas grand-chose mais c’était déjà ça et nous décidâmes d’une prochaine réunion afin d’entériner ces beaux projets de festins annoncés de cadeaux nuls à c…….

Il était 16 h 30 ……………………… la journée ne faisait que commencer……………………………..

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23 février 2007

UNE REUNION BIEN ORDINAIRE

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                                                        Le comité d’entreprise est un lieu de rencontre ou le sommet condescend à pérorer avec les élus des hordes travailleuses, qui par le miracle de l’urne anonyme, se retrouvent à converser avec des gens dont le rôle est de verber à des fins stratégiques sur des sujets félins ou glissent les novices.

Se retrouvent donc dans un but de partage, des mondes pour le moins différents, qui vont l’espace d’une heure ou deux disserter sans se comprendre sur le fonctionnement d’une entreprise et son but ultime, dans le cas présent, m’enrichir de façon discrète et élégante mais bien réelle.
Avant de commencer les ébats, je me dois de décrire la liste des engagés pour cette après midi festive ou les écarts de langages sont proscrits ainsi que le second degré.
En effet, le travailleur de base a un mal certain à pratiquer l’auto-dérision, je ne sais pas vraiment pourquoi mais cela allégerait parfois le ton de nos échanges belliqueux, en plus il y a matière plus que de raison.
La réunion se passait dans une salle prévue à cet effet, une salle de réunion donc, et qui dit salle de réunion, dit machine à café, gobelets en plastique, jus d’orange à température ambiante et bouteilles d’eau apposées.
Autour de la table, ce jour là, nous étions six, mon auguste personne, passablement fatigué par la sortie de la veille ou le contrat signé, nous partîmes à des fins hormonales soulager le trop plein d’émotion que furent les signatures tardives de contrats alléchants.

Les trois élus du comité d’entreprise, avec deux personnes du sexe féminin, mais peut on parler de femme et un représentant du sexe fort qui en temps normal travaille à la chaudronnerie, et ma fidèle secrétaire.
La première des représentantes avait passé la quarantaine et le mur du son en même temps et de façon simultanée, ce qui lui donnait un visage aplati et l’air ahuri de celle qui découvre que la plaquette de beurre a été compté deux fois sur sa note de courses chez Carrouf.
Elle avait l’air d’avoir bouffé la vie, et en portait les stigmates. Surcharge pondérale, prédisposition évidente à une ménopause velue et odorante, vêtements amples et gestes souples, divorce en vue et alcool fort sur la table de nuit.
La salle d’eau devait être une pièce accessoire pour elle et l’usage de celle-ci était réservé aux jours de fêtes, je ne parlerai pas de l’erreur capillaire qui lui surmontait le bulbe, son coiffeur devait innover quand il la voyait car la choucroute qu’elle arborait renforçait la vision alimentaire que l’on peut avoir de ce genre d’incongruité féminine.
La deuxième oscillait entre une anorexie chronique et une blancheur cadavérique, elle travaillait à l’atelier des soudures et portait un masque toute la journée.
Elle était assez maigre pour paraître incolore et son élection n’était sûrement du qu’à un rôle de faire-valoir, elle s’était fardée pour l’occasion plus que la raison le permet et avait été interpellé dans le tramway, la police municipale l’ayant pris pour une fille de petite vertu à vocation ferroviaire.
C’est vous dire la délicatesse avec laquelle elle masquait son mal être et son manque de forme, des pommettes creuses mêmes rouges, c’était pathétique et grotesque à la fois, mais bon, le cumul ne lui faisait pas peur.
Sa table de nuit devait ressembler à une pharmacie de garde, elle devait se mettre dans le cornet un nombre de formules chimiques qui l’amenait lors de séances de dégazages intempestifs à prévenir l’assistance de rejets imminents afin que l’entourage ne subisse pas le nuage qui fit le bonheur de la météo nationale en ce mois célèbre dont j’ai oublié le nom et qui fit exploser un réacteur au fin fond de l’Ukraine et nous donna de si beaux champignons l’automne venu et de belles mycoses par la même occasion ainsi que des lapins de vingt kilos et des joueurs de rugby hors normes.

Un pet de dépressif sous cachets est une radiation pour le bien portant.
Son estomac équivalait à un réacteur de dernière génération, à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche pour lâcher des propos inutiles, un léger mouvement de tête était nécessaire pour éviter d’être contaminé par l’odeur tenace que la dentition, que dis je la plantation, entretenait de façon assidue.
Le Tchernobyl stomacal faisait partie du CE, à nous d’aérer la pièce et le propos afin d’écourter l’exposition.

Le dernier de ce triptyque ambitieux était un homme de la quarantaine lui aussi, qui aurait du y rester d’ailleurs, élu par ses pairs plus par correction que par enthousiasme, il venait traîner son allure dont je vous laisse imaginer la rudesse dans ces salles moquettées qui n’avaient guère l’habitude de rustres et de tonitruants personnages.
Il avait arrêté l’école de bonne heure, et était parti avec une centaine de mots et quelques interjections et néologismes à tendance maraîchère, féminine, et graveleuse.
Il devait s’adonner depuis longtemps à des joies solitaires, la grosseur de ces avant bras attestant d’un exercice quotidien, et sa façon permanente de nous faire répéter des phrases anodines en se plaignant d’un début de surdité du à l’usage immodéré de son poignet droit pendant que sa main gauche tenait de façon fébrile des revues ou de blondes pulpeuses dévoilaient des atours que seule une vidange régulière et contrôlée pouvait ne pas perturber outre mesure.
L’autarcie libidineuse à l’usage de la solitude ouvrière, il l’avait inventé avant tout le monde.
Comme tout homme à joies solitaires et autarcisantes, il aimait la bouteille et usait donc de breuvages désinhibiteurs qui lui laissaient tout loisir de ne douter de rien et surtout pas de lui-même, mais n’est-ce pas le propre de personnages à cortex non frisé que de se croire invincible et surdoué.
Il faisait parti d’une centrale syndicale à trois lettres qui sévit et recrute en des terres incultes ou la jachère intellectuelle est un mot d’ordre.
Il arborait un insigne qui lui conférait un statut, cela suffisait à cet ego déviant qui oscillait entre la vocifération et l’éructation vindicative sans raison apparente.
Je passerai sous silence la tenue vestimentaire, que dis je l’accoutrement de ce triolet de cloches.
Il y a en effet une limite à la description et cela faisait longtemps que je ne côtoyais des gens s’habillant à petit prix sur les marchés et participaient à leur façon à la survie du commerce de plein air.
Restée à coté de moi ma douce secrétaire, ma seconde maman, qui avait préparé les réponses hypocrites aux questions ridicules et formatées de mes pathétiques hôtes de ce début d’après midi.

Le tableau était planté………….. La joute pouvait commencer……………

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Oui je sais ! ! ! ! !

Lolo Ferrari (titre presse du jour) Mort de Lolo Ferrari :
la famille fait appel ......... ( de phare ?)
 

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22 février 2007

De bon matin, un matin ordinaire

J’aurais toujours autant de mal à comprendre le monde salarié.
J’ai beau en avoir un certain nombre de tous âges, couleurs, sexes et religions, je n’arrive pas à conceptualiser ce qui les pousse à se lever le matin, pour aller faire et exécuter une tache répétitive, abrutissante, et sans but précis autre que de me permettre de vaquer en des endroits idylliques et de m’adonner à des activités festives, dispendieuses, mais aussi de me permettre de payer une soulte à l’état providentiel, qui s’en sert pour nourrir une horde de fonctionnaires, qui surveille la pendule de leur vie, comme celle du bureau et qui revendique de façon pavlovienne comme un ultime sursaut dans cet océan de platitudes innocentes ou la moindre vaguelette déclenche une tachycardie que seul un arrêt maladie et une tonne de pilules aident à faire passer.

L’autre jour, pour des raisons de beuveries tardives et matinales suite à un repas d’affaires qui n’en finissait plus et un contrat important pour la pérennité de ma holding, je me suis retrouvé en des heures, ou normalement les gens se lèvent pour aller gagner leur pain, en train de croiser du fond de mon auto, les quelques ouvriers qui continuent malgré le danger de la circulation d’aujourd’hui et les transports en communs, à pédaler en sifflotant vers le dernier vestige de l’usine à papa.

Non content d’aller en des lieux de labeur incertain, ils chantonnent au bras de bicyclettes à éclairage douteux.

Bravant le danger d’un chauffard alcoolique, il vont pendant quelques heures monnayait leurs poignets et leurs bras tatoués afin d’honorer la traite mensuelle d’un pavillon ou s’entasse de façon anarchique le résultat d’un contrôle des naissances aléatoire.

Voyant ce spectacle pathétique sous le réverbère de mes pensées embrumées comme un matin en région parisienne, je me fis une fulgurance cérébrale qui me poussa vers une idée familiale qui consisterait à réveiller mes enfants un jour pour leur montrer une usine le matin de très bonne heure.

Voir leur effroi devant l’indicible de cycles en vélos attachés à des socles, de ces gens habillés pour subir un affront, de ces rires appuyés sur le film de la veille, de ces rictus sombres au devant de l’ennui, de ces démarches trompeuses qui tuent tous les tourments, des évasions fugaces l’espace d’un instant, de ces cigarettes qui consument un bout de ses destins, de ces cafés trop chauds qui brûlent les palais, de ceux qui au détour on ne croisera jamais, des lueurs immobiles qui forgent les chagrins, des parcours imbéciles que l’on croient bien malins, de ce que l’on décide au creux de ces matins ou la vie impassible avance sans entrain.

L’idée bien que lumineuse me sembla incongrue, je me devais de protéger mes enfants d’une vue affligeante d’hommes au travail à des heures impossibles.

Ils seraient capables par mimétisme de ne plus vouloir faire de grasse matinée et de se lever aux aurores pour jouer au PC.

Ce n’est pas à seize ans que l’on découvre les horreurs de la vie, il faut être adulte.

Déjà qu’au collège et lycée, ils ne sont pas épargnés par un corps enseignant qui se plaint de courbatures tout au long de l’année, hors vacances scolaires, moments de repos fort nombreux pendant lesquels, ils s’adonnent à leur deuxième passion, trouver un sens à leurs ennuis et leurs envies.

De toute façon, c’est décidé, l’an prochain, je les mets dans le privé, on m’a rapporté d’ailleurs que le niveau professoral est bien meilleur et doublement motivé.

Bon, revenons à ce matin brumeux ou mes pensées allaient bon train devant ce défilé de vélos lumineux, de voiturettes à crédit, et de mines blanchies par les néons aigris de ces immenses hangars ou passent toute ces vies à l’abri des regards qui tels des miroirs de ces choix ridicules t’évitent de partir un beau jour dans la nuit.

Du fond de mon sofa à roulettes sur gonflées et moteur appropriée, je me demandais ce qui pouvait faire tenir toute une vie, un tel manque d’avenir, cet automatisme outrancier qui ne souffre d’aucun écart, de ces mimétismes d’horaires jamais variés qui te mènent de silences en vacarmes usinés vers la fin de ta vie sans prévenir plus que le train de banlieue qui emmènent sa cohorte de fameux assoiffés vers la ville prodigue qui distille à grand cris des envies insoumises et des parterres de fleurs que cueillent quelques heureux courages mais qui laissent rêveurs au bras des laborieux, la bouche entre ouverte, attendant la béqué de reliquats infimes, qui nourrissent ainsi des peuples endormis, sur les banquettes rêches de ces trains de banlieues.

Qu’allaient ils donc chercher de façon matinale, quels étaient donc ces rêves jonchant les certitudes de ces parcours prescrits comme belles ordonnances, régler toute une vie à défaut d’existence, parler de ce néant qui forge une ressemblance, et qui fait s’alanguir aux portes les soucis.

Du fond de mon carrosse, je contemplais cela, le dépit à la gorge et la toux en deçà, mais bon, je dérapais dans le temporel triste et malheureux et je devais cacher ce texte et reprendre le fil de mon propos.

Montrer à la face que rien n’est plus joyeux que de côtoyer un syndicaliste belliqueux en des réunions infinis ou le propos confus s’étiole comme le parfum codebarisé de caissières anonymes.

Je rentrais au manoir et siestait de bonne heure.

La journée allait être animé…………… J’avais RDV avec le comité………………………

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20 février 2007

EMILE DAVIS JUNIOR

EMILE DAVIS JUNIOR

Pour finir la semaine en beauté, j'ai reçu un coup de fil du collège de mon second, pour un entretien avec son prof principal, et accessoirement son prof de tecno, suite à une digression financière en plein travaux pratiques.

Devant l'incongru de l'attitude et la morve de mon loupiot, la convocation pour parution immédiate fut obligatoire, et je dus donc me résoudre à modifier mon emploi du temps, et à ajourner mon heure quotidienne de sport, en l'occurrence piscine et manucure.

Depuis longtemps, je voulais mettre mes enfants dans le privé, mais mon Ex tenait à ce que les enfants côtoient ceux qui seraient plus tard leurs employés, secrétaires, chauffeurs, etc. etc., ils étaient donc dans le public et en souffraient en silence, cantine, salles surchargés, professeurs en arrêt maladif entre deux dépressions et une manif.

L'ainé supportait encore assez bien cet affront mais le second un peu moins, il avait du mal à comprendre ce décalage entre la maison, les amis, les vacances, les voitures, le gaspillage et l'art de ne jamais finir son assiette par politesse, de ne pas saucer avec du pain et de croiser ses couverts afin que Simone débarrasse le reliquat du dîner et ce lieu public ou il était censé apprendre les rudiments afin de pouvoir prendre la suite parentale de la holding familiale.

Le Rdv était pris pour jeudi 15 heures, passé cette heure, le corps enseignant est rentré à la maison et se met en pyjama pour attaquer la deuxième occupation de la journée qui va au choix entre le téléchargement gratuit sur internet, l'amélioration du camping car par ajout de jeux de sociétés dans les portières et la correction de copies d'un œil distrait.

Pour ce qui est du prof de tecno de mon fils, sa seconde passion à part la confection d'objet contendant à tendance libidineuse, était plutôt la dégustation en quantité de bières et autres alcools qui lui donnaient d'après mon fils des idées saugrenues passés onze heures du matin.

En effet passé cette heure avancé pour un prof et encore plus pour celui là, seul un thermo de thé à la bergamote pour le ramassis de quinquas ménopausées, et l'alcool pour le pendant masculin permettaient à ce genre humain de tenir jusqu'à l'heure de la retraite, retraite à laquelle il s'entraînaient sans le savoir en simulant par des horaires adapté le timing d'un retraité de la SNCF en cure à La Baule...................................

J'arrivais donc au collège à l'heure et je dus m'y reprendre à deux fois pour garer ma voiture de marque allemande au milieu d'une foret de Kangoo, d'un dédale de Peugeot Partner et de quelques Lada et Skoda pour ceux qui se sentaient encore solidaires de l'Europe de l'est. Je pris deux places ne pouvant me résoudre à me faire rayer la voiture par celle d’un enseignant fut il éventuellement prof de mon rejeton.

L’entretien devait avoir lieu sur le lieu du crime de lèse majesté et ce en présence du coupable et bien sûr de son professeur.

Du bout du couloir, je vis arriver donc ce prof anodin dans une parka classique et avec une démarche qui l’était moins. Mon fils m’avait prévenu que passé treize heures, le prof de tecno digérait, cuvait, siestait en une trilogie que seul un labeur harassant peut permettre.

Le mimétisme vestimentaire est une réalité en milieu hostile comme peut l’être pour moi ce collège, la filiation et la similitude avec les pays de l’est est directe brute et bon marché, de la sandale à la sacoche en Skaï, du jeans de supermarché à la parka de chez décathlon, du sac à main en simili simili et des bottines en plastique une salle de prof ressemble à une place de village un jour de marché au Turkménistan en plein mois de septembre.

Il est vrai que l'apparence n'est pas la priorité pour un prof, l'habit est obligatoire et peu ludique cela se sent (vrai) et cela se voit, ah on est loin des salons moquettés des Sofitel franciliens ou le parfum des hommes d'affaires se mélangent aux effluves captives de douces secrétaires à ambition palpable.

Je passerai sur le collier de barbe et la sacoche offerte pour la fête des pères ou le bac plus cinq à salaire minoré(prof), entasse une série de papiers qui le conforte dans son rôle social lors de ces sorties aux supermarchés et dans ces lieux de débauches ou sa carte n’arrive jamais à la hauteur de son désarroi consumériste.

Le prof a peu de goût et beaucoup de dégoût, il conchie la société de dépense inconsidérée et le montre à son accoutrement qui dépasse les règles de bienséance en milieu urbain.

On reconnaît un prof de loin par son sens évident de la faute de style, de sa façon presque volontaire de se mal vêtir et de haïr le moindre effort capillaire à des fins olfactives et libidineuses.

Ils pensent tous que Décathlon est un magasin de prêt-à-porter et y trouvent leur bonheur entre des chemises à carreaux et des pantalons en velours extensibles sans parler des chaussettes achetés par lot de six qui serviront à la rando et au trekking en salle de prof.

Mon fils qui suivait à distance cette démarche hésitante m’indiqua par quelques signes discrets que Charly (c’était le nom par lequel cet alcoolique notoire se faisait prénommer à des fins de tranquillité siestive le long de ces après midi ou les ados vissaient, soudaient, peignaient, collaient, sciaient, tchataient, pendant que Charly fermait un œil afin de récupérer d’un casse croute arrosé comme d’habitude plus que de raison)

D’ailleurs si l’alcotest existait au collège de mon fils, les cours de tecno ne pourraient pas avoir lieu et Charly serait obligé de suivre une cure.

Il était un des rares profs qui avait bricolé son casier afin d’y encastrer une glacière qu’il garnissait de caisses de HEINENKEN et autres houblonneries plus ou moins de qualité.

Comme quoi, prof de tecno, cela pouvait servir afin d’améliorer le quotidien fade de ces salles de profs ou se côtoient en des heures convenues, des complaintes et litanies sans talent de dépressives à capesse et des anxieuses désagrégées par des horaires hachés et des ados qu’elles avaient du  mal à cerner du haut de leurs pitoyables études qui les menaient tout droit vers l’incompréhension de ce monde qui bouge.

« Mr Charly, quand a lui et visiblement, avait trouvé son refuge, son réconfort. Il avait remplacé les tubes de cachets incertains par de bonnes bouteilles qu’il buvait aux yeux de toutes et tous sans prendre de gants ni de verres non plus d’ailleurs.

Le goulot, disait’il dans ses errances quasi quotidiennes a un coté charnel que le verre dissipe.

Après les salutations d’usage entre deux milieux qui s’apprécient à leur juste valeur respective, il me décrivit, tout du moins il essaya de m’expliquer comment mon fils dans un sursaut d’orgueil chevaleresque a voulu brûler un billet de  cent euros avec un fer à souder.

Certes, je puis admettre qu’un prof de base de tecno ne puisse admettre qu’un ado turgescent à prurit ambitieux puisse dans un élan, brûler l’équivalent de deux caisses de bière sans aucun remord.

J’écoutais donc d’une oreille distraite le réquisitoire embrumé de ce prof pathétique qui avait du mal à masquer un hoquet chargé comme un bus scolaire et une haleine à treize degré Celsius.

Après la litanie de reproches sous jacents à relents revendicatifs et à consonance lutte de classe……. comme quoi que….. Que si jamais il fallait que………. Qu’une bonne guerre ferait le plus grand……..

Il nous fit la leçon ponctuée de renvois odorants et parfois bruyants, montait les octaves au fur et à mesure que sa logorrhée l’enivrait, ce qui rajoutait au pitoyable de ce dur métier.

Au bout d’un quart d’heure de diarrhée verbale, il s’arrêta comme un épagneul devant un terrier et décida de punir de façon éducative mon fils en lui fixant comme punition de laver sa Fuego GTL et ce dés le mercredi suivant.

Mon fils s’effondra et fondit en larmes devant une telle sentence, je ne pus moi-même retenir une haine devant la disproportion de la faute et de la peine.

Mon fils à moi, le fils d’Emile allait laver une voiture, nous avions une semaine pour trouver un accompagnement psychologique afin qu’il ne commette un acte irréparable.

La punition était sans appel, la liasse de billets que j’avais préparé et le deal que je voulais lui proposer ne servirait à rien, je le savais, j’aurais du venir avec un cubitainer de cotes du Ventoux, voir une caisse de bières belges millésimés je pense que la correction aurait été moins dure à avaler pour mon fils.

Je savais que mon fils avait fauté………je me devais de l’accepter……

PS : Ma secrétaire vient de me prévenir que ce pédago alcoolisé sévit sur le net via un blog ou il se raconte avec une sobriété strictement littéraire( si l'on peut dire)

En lien cliquez  pour lire( no comment).......Charly le prof

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17 février 2007

UN SAMEDI BIEN ORDINAIRE

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LOFT ET COMPAGNIE

Comme tout bon nanti, je me dois le samedi d'être convié à festoyer en des lieux de débauches décoratives et culinaires, ou le vulgum pecum qui arbore son train de vie, se croit obligé par allégeance à une coutume ridicule et tenace comme des préceptes judéo parisiens, de démontrer à la face du monde et surtout à son miroir, le check de son état financier et moral à grand renfort de bouteilles millésimés et de plats sortant d'officine ayant pignon sur rue et calculette dans l'arrière boutique.

Ce samedi n'échappant à la règle susnommée, je fus invité ainsi que ma douce chez Lucien qui sévissait dans l'immobilité et l'immobilier suite au décès de son oncle Henri sur une route qui le menait au delà du perceptible vers une affaire en or et qui lui fut fatale au détour d'un carrefour, trop occupé qu'il était à bavasser avec sa plantureuse secrétaire au fin fond du cantal sur des sujets peu en rapport avec ce voyage affairé qui fleurait la comptine et le passage à l'acte pas forcément chez le notaire, ceci étant mon ami Lucien avait commencé tôt et de façon laborieuse jusqu'au jour ou son oncle décéda de façon inopinée et sans prévenir, ce qui revient au même.

De programmes immobiliers en programmes immobiliers, il avait réussi à épouser une fille de l'est qui pesait un bon quintal, choisie sur photo comme on le fait maintenant sur ces sites de rencontres ou les gens désespérés et désespérants mettent des photos d'identité, un cv...rai et une lettre de motivation décrivant avec minutie et fautes d'orthographes leurs attentes, mettent sous la table les défauts nombreux et bien ancrés et expose de façon pathétique la qualité ultime que la pauvre vie de labeur avilissant n'a pas gâché et rendu obsolète.

L'aigritude devenant un agrément de conduite en ces vides de sens ou les poncifs égalent les lieux communs et ou les désirs toujours en filigrane donnent un relent nauséabond et peu amène à ces bouts de bravoures relationnels, pitoyables et ridicules. 

Sacré Lucien, pour se gausser lors de collations de fin de journée mais néanmoins appuyés ....... au comptoir du comptoir, on lui disait de façon ridicule, embrumée et vraisemblablement alcoolisée, qu'il valait mieux une fille de l'est qu'une fille qui a du lest, lui avait pris les deux sans réfléchir vraiment.

Il avait racheté à bas prix une ancienne usine de ratissage de

2500 m2

(faut dire c'était un spécialiste involontaire du râteau, le roi de la bâche, l'empereur de la honte en public, du refus courtois mais ferme, du renvoi dans les cordes et du tacle par derrière) et avait à l'intérieur de celle ci aménager de façon somptueuse et ostentatoire un fabuleux loft à trois étages ascenseurs et salle de jeu aquatique.

Son train de vie n'avait d'égal que notre jalousie et c'était déjà un sacré réconfort, manquais plus qu'il soit bel homme et là je crois qu'à ce jour nous devrions être fâchés, heureusement pour nous, le fée adipocyte qui d'habitude s'acharne avec ferveur et talent sur le sexe dit faible avait fait un écart et l'avait doté de kilos superflus et d'une taille qui avait du mal à contenir cet amas graisseux, cet assaut lipidique.

Comme j'aime le répéter aux oreilles assassines d'anorexiques à podium et défilés : un kilo de trop c'est un cm de moins à la vue experte d'un bellâtre spécialiste.

Lucien donc était gros mais pas encore con, ces deux mots qui vont si bien ensemble ne trouvaient pas là leur existence, il était gros certes mais loin d'être bête.

Dans la foulée si je puis dire, il avait fait trois rejetons qui oscillaient entre une blondeur maternelle et une rondeur paternelle.

Nous étions conviés chez eux dans un but unique de faire la claque, nous ne savions guère qui serait du voyage et qui supporterait le rire strident et ridicule de Miss Lucia qui au delà de la surcharge pondérale qui torturait bons nombres de talons à aiguilles et de parquets trop frais, avait une voix de crécelle qui résonnait fort à l'intérieur de son bol crânien et dans ce loft ou la pièce principale oscillait au niveau taille entre un hall de gare et un gymnase de banlieue.

Son rire de l'est faisait écho, je me retenais donc de la faire glousser afin de pouvoir rester dans la limite supportable de 60 dB tout au long de la soirée.

Ce soir là comme souvent, le casting avait été fait avec minutie à défaut de talent.

Bon il a fallu bien entendu se taper la visite du lieu avec les pièces à vivre, je peux vous dire que quand tu as une faim de loup suite à une journée harassante ou tu as du faire du shopping toute la journée avec ta douce et que tu as explosé ta carte gold en moins d'un temps qu'il n'en faut à un employé sous payé pour monter une cuisine IKEA acheté en solde pour son appart de

65 m2

, tu comprendras le peu d'assiduité devant la description dithyrambique non exhaustive et redondante des chambres à coucher à salle de bains attenantes de la cuisine et de sa cave à vins et cellier, de ces meubles.

Je ne te parle même pas du prix( d'ailleurs ils n'ont pas eut le temps d'enlever les étiquettes) des tableaux de maitre, des affiches de un mètre, des litho, des linteaux de dix mètres, de la profusion de tout et de rien, de ce vide masqué, de ce trop plein qui déborde aux bouches rassasiées de convives assoiffées, de ce déballage vexatoire, de cette provocation consumériste, de cette exposition à des fins narcissiques, de cette mise en scène qui te torture le moi, de ce théâtre de vie qui te fait douter de ton choix professionnel, de cette vision qui donne un sens à ta jalousie féconde en bons mots massacreurs, de ce léger courroux qui te pousse à un strabisme vers le buffet installé sous le panier de basket au fond du salon jonché de canapés épars, de tables basses chargés de bibelots, sculptures et autres artéfacts, de tapis que tu n'oses fouler, de peur de perdre tes chaussures dans cette profondeur issue des montagnes afghanes ou le poil des moutons est long comme l'hiver qui n'en finit pas de couvrir de son linceul ces guerres assassines.

Une coupette bien fraiche me remit les idées en place et abaissa mon taux de jalousie à un ratio acceptable

Vint donc le moment de l'échange, de la mise en avant de ses propres idées, de bons mots en futilités au bras de jolies filles, de la vie qui s'écoule à l'ombre des banquiers, des soucis incertains qui font l'adrénaline de ces vies sans entrain dans lesquelles on se roule, de la boite à machin qui croule sous les dettes, et du dernier refrain en vogue sur le net.

Moi je m'alcoolisais à des fins assassines pour aiguiser le verbe de mes pensées fielleuses, seul dans mes songes et mes propos qui allaient faire mouche tout le long du repas à rallonge, ou le déluge festif de mets appropriés laissait bouche bée bon nombre de ses convives.

D'une nature peu alimentaire, j'avais tout le loisir de balancer à table une tonne d'insanités savamment élaborées, de questions ridicules aux réponses gênées, de poncifs sentencieux en dictats sans appels, je passais ma foi un agréable moment contemplant le désastre de ce genre de soirée ou le vin coule à flot pour maintenir la barque de nos désirs secrets partant à la dérive au gré de l'avancée et du taux susnommée.

La soirée s'acheva autour d'une tisane, enfoncé jusqu'au bras dans de profonds sofas, les dernières bulles aidant à la confusion des sens, je me surpris enfin à de doux compliments .....................................

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16 février 2007

DEPLACEMENT ET MUSIQUALITE

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MELOMANE AUTOROUTIER

Plusieurs années que je roule en Mercedes, je ne m'en lasse pas, excellent rapport qualité prix, confort, standing, silence, consommation raisonnable, vraiment la marque parfaite pour ceux qui savent vivre et profiter de ce que l'industrie allemande a fait de mieux depuis les dirigeables.

Cette année, j'ai changé, comme chaque année d'ailleurs, pour un modèle classique mais un peu long à mon goût,  j'ai quelques soucis pour me garer en ville sur des emplacements ridicules faits sur mesure pour de la 7 cv de fabrication française, le temps que l'on perd pour trouver une place acceptable est incroyable, ce qui n'est pas évident quand vous êtes amenés à déjeuner en ville avec de méchants banquiers ou autres prédateurs, fournisseurs etc. etc.,et que votre planning surbooké ne vous permet pas de passer 1/2 heure pour loger votre paquebot.

En plus en province, le voiturier est très rare, donc pas de possibilité de gagner du temps et de faire travailler des petites gens qui peuvent profiter de vos agapes pour vous astiquer l'écusson et vous cirer l'intérieur cuir.

J'ai rajouté à la note exotique de ma berline surdimensionnée, un pack audiophile de marque teutonne avec lecteur dvd à l'avant pour les feux rouges et à l'arrière pour la fratrie.

Le silence légendaire de ce palace s’accommode bien de ce son venu d’oreilles expertes en chambre sourde et autre protubérances jointées.

Et puis écouter TRUST : «  antisocial tu perds son froid » dans une voiture à 62 000 euros options comprise, c’est autre chose que d’écouter Léni Escudero dans une kangoo à à peine 15 000 euros style série limitée décathlon ou ushuaia voir ucpa avec trois rejetons surdoués derrière sans compter le porte vélo arrimé comme une malle au temps du far-West et le chien de 50 kgs qui sort une langue longue comme les revendications d'un prof au repos,( ah le cliché tenace et usurpé).

IL y a un certain art de vivre à écouter BERNARD LAVILLIERS qui crache avec un talent fou sa haine au travers d’un système haut de gamme de dix enceintes situés tout autour de cette alcôve routière, de ce lupanar à jantes alu, de ce havre de paix qui défile au milieu de la piétaille bruyante et disgracieuse sur ces routes fort chargés par les déplacements inutiles à des fins maraichères de ce monde que l’on dit d’en bas mais qui ne fait pas grand-chose pour gouter au délice d’un chanteur engagé à l’écoute agréable dans ces auditoriums bien utiles en ces temps ou le transport humain est d’un collectif certain.

Enfin Léo Ferré c’est quelque chose dans un silence luxueux plutôt que dans le vacarme de voitures bas de gammes sur lesquelles par je ne sais quel attirance se jette une partie non négligeable de la population alors qu’il suffirait d’attendre un peu pour accéder au plaisir d’écouter dans de bonnes conditions.

Les gens sont pressés et ne savent choisir ce qui est bon pour leurs oreilles et pour leur dos aussi d’ailleurs.

Je peux vous dire que si les gens achetaient des voitures de luxe, il y aurait nettement moins de mal au dos et de problème de cervicales, voir d'appareil auditif arrivé à la soixantaine.

Les gens ne prennent pas soin d'eux et de leur confort c'est affligeant et pourtant si facile.

En fin moi j’écoute U2 et leur conscience planétaire en essayant de ne pas trop consommer, pas facile avec un moteur V12 de 4,8 de cylindrée mais bon je reste dans les 25 litres au cent kilomètres et faire un plein pour 165 euros reste tout à fait abordable en rapport à un double cd de Joe Dassin et une compil de Michel Sardou.

J’essaye de concilier mon besoin légitime de confort et mon coté écolo comme beaucoup de gens, mais quand vous êtes fan de musique vous vous devez d’être un investisseur zélé et ne pouvez vous permettre un autoradio de gamme classique et des enceintes aléatoires.

Heureusement ma tendre et chère (très chère même) roule dans un 4X4 diésel de marque allemande, c’est la première fois qu’on ose le diésel, ça fait un peu poids lourd, routier mais bon, le trou d’ozone est à ce prix.

Le pire c’est qu’il faut se servir à la pompe et le diésel est gras et sent fort, normal c'est un carburant de pôvres ! !, les gants mis à disposition ne sont guères pratiques et tu sens des doigts des mains souvent mais c’est là aussi le prix à payer pour participer à la réduction de ce fameux trou.

Mais bon la solidarité est à ce prix et vu ce que j’écoute je pense que je le suis plus que de raison voir au-delà du raisonnable…………………..(solidaire)

Bon je vous laisse, je vais aller boire l’apéro chez des amis qui viennent d’emménager un loft( ca va casser, je suis en pleine forme, attention à la faute de gout, à l’écart de prix), 30 minutes de voiture, le temps de me faire un petit Noir Désir, groupe en sommeil suite au dérapage d’un chanteur atrabilaire. . . . …

Je suis ……Un homme pressé ……un homme pressé…………

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15 février 2007

TRISTE JOURNEE

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HUMILIATION FERROVIAIRE

Y’a des semaines ou il vaudrait mieux rester au fond de son pc coincé entre un disque dur et rayé et un lecteur graveur dvd voir un mp  3 (enfants en bas âge) que d'envisager un déplacement fut il à des fins boursières.

Non seulement je redescendais des alpages avec une voiture à l’arrière train défoncé mais en plus je me devais dans un élan singulier et financier de monter à Paris en catastrophe suite à un crack imminent dans la structure périlleuse de ma holding familière qui le devenait trop à mon gout (familière)

Pour monter à la capitale de façon usuelle et empressée, le meilleur moyen était la réservation en ligne bien que ce fusse en train que je fasse ce trajet, trajet que connais par cœur, par haut le cœur parfois.

Ma secrétaire qui me suit et me materne depuis des lustres (je suis une lumière) me communiqua donc un code par un mail de nuit pour retirer de bonne heure à une borne automatique mes titres de transport ferroviaires.

Après un lever de corps fastidieux suite à un diner d’affaires qui s’était terminé tard dans les vapeurs alcoolisés de jeunes ambitieuses à talons compensés par un sens de la gravité très avisé et donc très visuel aussi. ( mais c'est un  autre sujet que le temps passé à pérorer des phrases assassines aux oreilles délicates de confrères assoiffés de vengeance sans nom et de palais obscurs ou se fomentent à l’ombre, de vastes complots qui visent en premier à flatter son égo).

Je me retrouve donc devant la borne et retire les tickets afin de convoyer mon auguste personne vers cette ville ampoulée de nombreux phénomènes.

Et là en ce début de journée, à l’heure ou l’ouvrier de base sifflote en rasotant les murs de sa cité dortoir tout en pensant à sa journée de labeur et à sa trop nombreuse progéniture et à celle qui ce soir dans des relents, peu t’on parler d’odeur en ces lieux peu salubres, va l’attendre sur le palier de cette immeuble lugubre pour déposer un baiser sur ces lèvres gercées par un labeur extérieur qui te ronge les mains comme une râpe à fromage( hommage à la Savoie et à son comté râpé jour après jour).

A l’instant ou l’employé modèle astique son costume éculé afin de parader devant un parterre d’insidieuses secrétaires à libido frustrée et gloussements idiots à la limite de l'occulte, dans des bureaux standardisés comme la couleur des chaussettes de tennis assortie au tricot de peau qui maintiendra à température un cerveau isolé par de trop nombreuses couches d’air.

Au moment ou l’agent commercial sort de chez lui  avec son costume de marque dégriffé et ses pompes en croute de cuir espagnol pour des réunions régionales ou vont éructer pendant des heures des chefaillons blasés à carrière bien léchées et ou vont circuler des graphiques et courbes non dénués de sens mais d'apropos.

A l’heure ou les infirmières se sont dévêtues pour offrir aux malades des émotions fugaces sous de jolies blouses en coton imprégné qui laissent transparaître une adipocytée qui se révèle ainsi aux yeux de maladifs à regard sirupeux et libido limité à la toilette d'aide soignante jamais en reste pour faire reluire.

A cette heure là donc, j’allais vivre l’humiliation que je ne souhaite à personne, le parjure, la honte sur quai, le chemin de fer comme chemin de croix, la négation de six mois de durs labeurs, le trou noir de la réussite sociale, le graal du looser, le césar de la honte ferroviaire, l’oscar de la blessure voyagère, le Molière du déplacement foireux, le nobel de la chute en avant, le darwin de la honte.

J’allais pendant deux heures et c’est long deux heures, j’allais donc côtoyer au bout de tant d’années ceux qui me faisait rigoler dans mes soirées de nantis ou les bulles pétillent aux bouches avorteuses de projet en secret et de fuite alangui au bras de courtisanes bien trop souvent élevées pour cracher dans la soupe de leur propre vanité.

J’allais donc en ce jour maudit voyager en seconde classe suite à un embouteillage sur le net, une erreur de frappe de ma secrétaire et aux caprices douloureux de la commande en ligne.

Ce jour là était un jour sombre dans ma vie, je versais quelques larmes sur ce quai ou le vent claquait aux devants des bateaux qui tanguait alentours vers de beaux horizons (stop, hé  t’es à la gare pas sur le port de Cassis Emile)

Je devais me résoudre à monter dans le wagon de l’infamie de la trahison sociale, du recul en avant, du pas en arrière, le choc social à 300 kms/h sans airbag, frontal, violent, dure, sans retenue, le nectar de l'echelle sociale et je passais dessous sans superstition.

Qu’avais je donc fais de mal dans ma vie pour à ce point  être humilié ?

De quel droit me punissait-on de la sorte ? De quel karma ferroviaire devais je me défaire ?

Le TGV arriva, un instant je voulu mettre fin à mes jours, passer de vie à trépas devant cette humiliation ultime iréelle et tellement présente, mais le soir j’avais un diner avec une gourmande qui jouait de la flute traversière dans un orchestre de salsa, rapport à une déformation qui lui permettait de regarder le public tout en jouant de cette instrument délicat qui te met de profil le long de ces concerts ou les gens écoutent d’une oreille attentive leur copine de chambrée à des fins fourragères.

Le tgv est bien fait, et dans ces moments de honte sur soi ou l'on recherche la discrétion comme un thermomètre cherche un anus fiévreux, ça compte la belle finition, pour les portes ils ont été généreux comme pour les chaises en seconde vous me direz,en effet, il y a une porte tous les dix mètres, ce qui évite les pas inutiles devant un parterre de gueux qui montent à la capitale pour d’’improbables salons ou l’on se croit mondain dans des tenues paysagères. Par contre au niveau sièges, ils ont fait trés trés fort, arriver à mettre 4 fauteuils de front avec une allée au milieu, ca en dit long sur l'art du remplissage. J'aurais jamais pu croire que l'on arrive à entasser de front autant de sièges et ce sur une largeur somme toute réduite, pour un peu on se croirait dans un airbus A 320-600 en classe troupeau.

Quel surprise dans ce wagon, quel entassement, quel bruit, quelles odeurs, quelle promiscuité, si ma famille lit ce texte,(ils ne savent pas que je bafoue l'honneur familiale sur la toile à des fins thérapeutiques pour soigner mon penchant de pervers narcissique, ils croient que j'ai monté une start up sur le net via la sphère bloggeuse)  ils comprendront ce que j’ai enduré pendant deux heures assis sur une banquette à deux places avec à mes cotés un prof lettré qui lisait un quotidien subversif qui traitait des heures sup dans un collège de banlieue.

J'avais voyagé en seconde, oui moi !!!!!!!!!!!!!! Emile Davis en seconde, fils de Miles et de georgette, à peine croyable mais tellement violent à vivre !!!!!!!

Ma semaine avait mal commencé, je le savais………………………………………

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14 février 2007

ON SE LES GELE DANS LE POGNON ( mais bon on s'y fait quand même)

Je suis dégouté,j'avais décidé de faire un break pas de le casser.

Je rentre avant l'heure des alpages (cinq jours de prévu) et je viens de claquer 5 000 euros en deux jours sans compter la carrosserie de la merco suite à un dérapage verbeux sur une bouse alpine planquée sous un mètre de neige.( vas mettre des chaines avec des gants en cashmere et des pompes en croco à 2000 euros la paire (de lacets) ( prémonitoire les lacets)

J'avais décidé avant de payer mon premier tiers de m'alléger le compte courant en montant avec mon carosse et ma douce famille dans une station réputée pour ses sandwichs à 15 euros et son plat du jour à 30 euros.

J'avais envie et besoin de faire communiquer ma carte bleue et ma banquière et ce à des fins égoistes et consuméristes  aux sommets de montagnes à peine blanchies par un manteau neigeux qui tardait à venir en ce mois hivernal ou les bourgeons attendent planqués dans le salon la première fonte pour éclore à nos yeux.

J'en reviens pas, c'est fou comme on peut claquer du blé en si peu  de temps, je suis rentré tout à l'heure, j'en ai chialé sur mon canapé tout seul comme sait le faire un homme face à lui même et au vide de sa vie, canapé qui soit dit en passant m'a couté une tonne à la venale d'art moderne, heureusement c'est du cuir de vaches irlandaises et mes larmes salés n'ont pas taché la pleine fleur de ce sommet de l'art contemporain à 1000 euros les dix centimètres.( je vous laisse calculer sachant qu'un canapé dans un loft digne de ce nom doit avoir une certaine dimension au risque de se faire railler et que les nombreux convives avachis aux bras de coupes ensablés de bulles incolores ne se gaussent du rapport entre votre grosse voiture et votre sofa ridicule, la sentance et l'aigreur en ces terres incertaines aidant à un art de vivre ou le fiel est un suc qui emplit les espaces de l'esprit infécond)

Bref J'avais presque honte au moment ou Ségolène propose le smig à 1500 euros par mois ( brut quand même ! !  oufffffffffffff), d'avoir en dix minutes craquer un jour de salaire et en deux jours l'annuité d'un intermittent du spectacle, l'école du cirque, on connait et puis à courchevel c'est préférable( de lapin)

Faut dire que les tarifs ont explosé là haut et que passer trois jours à moins de 5 000 euros est un défi que je n'ai eut ni le courage ni le talent de relever.

Bref en rentrant j'ai eut un passage à vide existentiel et un désarroi indicible légèrement courroucé de voir des tickets de carte bleue partout sur ma table de salon en verre ( et contre tout)

En plus les gosses on essaye de leur apprendre les rudiments de la bienséance et du savoir vivre en milieu argenté et bien ils ont ralé tout le long du séjour, papa t'as pas 100 euros, papa passe moi les clés du 4X4, papa je peux reprendre un sandwich à 15 euros, papa j'ai plus faim, papa j'ai soif, papa ils n'ont plus de ailsseti ni de coca lailght, papa tu es povre ?

Pour finir avant de me sustenter avec quelques sushis et makis de bonne facture, deux mots sur les boutiques ou j'ai craqué un max de tune, entre autres pour un blouson en simili skai de chez Prada 1500 euros mais c'est top de chez top avec un col en fourrure et une doublure en ailes de mouche et des bottes en caoutchouc de cerf avec crampons assortis aux virages lacets

Bref en rentrant je me suis rendu compte que ce déluge financier était indécent, voir outrancier et par une thérapie que l'écrit m'apporte, je me suis mis à écrire ce petit mot afin de calmer mes tourments et mon courroux face à la hausse des prix que même nous les nantis on commence à trouver la note salée.

Voilà  ces quelques lignes m'ont fait du bien, je vais aller dans mon jaccuzi si mes enfants n'y sont plus sinon un petit sauna me remettra les idées en place.

A plus quand j'irai mieux ! !!! !!!! !!!!

-   Simone !!!!!!

- Oui MONSIEUR ?????

- Une coupette !!!!!!!!!!

- Bien MONSIEUR §§§§§§§§§§

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