13 janvier 2007
MEUUUUUHGEVE
A mégève il y a plus de vaches l'hiver que l'été, la seule différence c'est qu'elles
ont des manteaux de fourrure

CONTREBASSE A LUNETTE
GERARD DARMON
Les artistes se plaignent depuis toujours du cloisonnement de leur profession, ca les gêne pour exprimer la palette de leur talent et ca les gêne surtout quand ils ont envie d’aller voir si l’herbe est plus verte à coté (la notion d’herbe est une métaphore sans arrière pensée addictive dans ce cadre là)
Le cloisonnement les protège aussi des intrus qui viennent fouler d’une savate auguste les plates bandes de cannabis que sont les paradis artificiels que le succès et la gloire amène dans cette corbeille faites de fruits doux et amères.
Ne pas avoir à réserver pour aller fluncher dans des restaurants francoparisien ou la note de la musique d’ambiance est plus douce que la note salée de plats faits pour les magazines de modes plus que pour sustenter un estomac vieillissant sous les assauts répétés de bulles alcoolisés et de mélanges enivrants issus de l’agriculture biologique du nord du Maroc.
Toujours est-il qu’être catalogué dans un registre, chanteur, comédien, comique, écrivain est un frein à la création pour eux.
Pour nous c’est aussi une certaine protection face à une inévitable prolifération.
Bon depuis peu ca décloisonne beaucoup, voir un peu trop, les tournages se faisant rares et les casting peu nombreux tout le monde s’ennuie dans le métier. Résultat on va voir à coté s’il n’y a rien à gratter.
Un top model à la guitare sèche qui cartonne et c’est tout un métier qui se prend à rêver d’un double cd disque d’or.
Tout le monde s’imagine un talent caché, une part de soi oubliée, une fracture non dévoilée (pas du nez visiblement)
Et puis on chante tous sous la douche et sur le périph dans sa limousine alors on va faire profiter au plus grand nombre de ce talent discret qui souvent devrait le rester et qui le restera la plupart du temps.
Bruel a ouvert la voie (x) i y a longtemps avent de se la casser la voix et de nous les casser (les noix)
D’autres ont suivi avec plus ou moins de bonheur, mais aujourd’hui cela s’accélère, le moindre moment de libre et c’est un cd à la FNAC
Revenons au sujet du jour Gérard Darmon, lui il joue la catégorie crooner genre Guy marchand, bon lui c’est pas Polnareff on s’en était rendu compte si ce n’est ce même goût pour des lunettes à couleurs multiples qui mettent en avant un nez qui n’a guère besoin d’un faire valoir pour révéler la splendeur de la courbe et le déséquilibre crée sur un visage pour le moins typé.
Ta chaine hifi va se rendre compte elle aussi très vite que tu écoutes un truc hors norme, il vaut mieux avoir un bon caisson de basse à la maison et des enceintes pas trop fatiguées car il va tout te faire sauter avec sa voix d’outre tombe.
Il est capable non pas de briser un verre de Crystal comme La Callas
Faut pas se plaindre c’est les seules vibrations que tu vas ressentir, pour le reste tu vas passer une heure à essayer de régler ton ampli afin d’éviter l’effondrement de ta cloison entre ton salon et ta cuisine ;
Bon c’est sûr, ce n’est pas avec Elie semmoun qui risque de lézarder tes murs, lui il va remettre en cause la puissance de ton ampli, tu te demandes s’il n’a pas enregistré son album de nuit dans une cité dortoir, les musiciens avaient des patins pour pas réveiller les voisins et lui il chantait à voix basse et a capella, rapport à la honte de commettre un tel opus.
Le résultat est à la hauteur, faut que tu changes ton matos si tu veux écouter.
Bon Gérard avec un prénom pareil, il aurait pu mal tourner, il aurait du mal tourné.
Il y en a avec des prénoms plus ambitieux qui font encore du boulevard.
Lui il surfe sur la vague, pourtant il a de la prise au vent, quand il est enrhumé, c’est tout son quartier qui est sinistré et pour se moucher il lui faut un drap de bain.
Depuis fort longtemps il a investi dans la lunette de couleur. On lui a dit dans ce métier le look c’est important « men » regarde Florent pagny, on lui a dit tu choisis les lunettes ou le talent de John Lennon, lui il a choisi les lunettes.
Bon Gérard va faire l’Olympia sans chaussettes dans quelques mois, il aura le temps de rameuter tous ces potes parce que la salle est grande et vu la trajectoire que va prendre son opus, il risque de faire appel au salon des comités d’entreprise pour remplir de lieu mythique.
Pour les musiciens cela va être plus compliqué, il faut qu’ils soient sourds ou désœuvrées, va jouer deux heures derrière Gérard et tu va comprendre l’usage du métronome dans les écoles de musique et des boules quiess dans les avions.
Il chante dans un registre que seuls les baleines blanches et certains dauphins peuvent entendre, mais ce n’est pas le plus courant à l’Olympia encore que les baleines !!!!!!!!
Il parait qu’ils vont essayer de lui coincer une gourde avec un serre joint le temps des concerts afin qu’il monte d’une octave voir deux, ceci afin que chacun puisse profiter de la poésie d’un quinquagénaire à appendice varié et fort visible.
Si encore il chantait du nez mais non, les cloisons sont mal faites comme dans ces trop nombreux habitats de banlieue ou la libido féminine ne veut s’épanouir dans un silence inhibiteur d’orgasme désiré attendu et rarement au rendez vous.
Je disais Gérard chante trop grave, c’est une contrebasse à lunette disent ses détracteurs et ils sont nombreux.
Bon de toute façon on va attendre les beaux jours et les festivals de plein air pour vérifier la tonalité, d’ici là il se sera peut être fait couper et pas au montage.
CHRONIQUES A VENIR
Afin de faire patienter mes nombreux lecteurs et devant le succés de ma chronique sur un acteur chanteur à prénom connoté, je vous indique les prochaines chroniques à paraitre sur ce blog.
M YOUNG / SURFEUR SANS PLANCHE MAIS A PIEDS PLATS
M JOLIVET / COMIQUE EQUITABLE L'HUMOUR A ETHIQUE
S BERN / GENDRE IDEAL QUI AURA DU MAL A TROUVER UNE BELLE MERE
GUY CARLIER / L'ART DU BIDE ET DE LA CHRONIQUE REDONDANTE
ARDISSON / LE TELEPROMPTEUR A BRAS ET LA PRESBYTIE COMME TOURMENT EXISTENTIELLE
MISSEL DRUCKER / MESSE DU DIMANCHE
STEEVY / FAUT IL SE COUCHER......... TOT POUR REUSSIR
LAURENT RUQUIER / COMMENT UNE TETE A CLAQUE PEUT REUSSIR DANS LE PAF
BERNARD MONTIEL / IMMERSION DANS LE VIDE DE LA CHAINE PREMIERE DU NOM
PAUL LOUP SULITZER / LE PATHETIQUE ET LE PITOYABLE SUR UN PLATEAU TV
Correspondant de guère
Le repas du samedi soir
L’activité principale en province en dehors de l’intrigue paranoïaque propre aux endroits confinés est le repas du samedi soir.
La tyrannie de ce soir n’a d’égale que le coup de fil du lundi qui te l’annonce. En province en effet tout commence tôt pour le coup ce sera le lundi.
LUNDI :
Il va falloir faire la liste des engagés, la coucher sur une feuille de papier, éviter les erreurs de casting, encore que les stars ce n’est pas la denrée la plus courante dans un bourg de 10 0000 âmes et puis téléphoner, être le plus rapide sinon ta liste va diminuer, les invitations fusant comme les nouvelles de l’AFP un jour de dépression Wall streetienne
Bon tout cela va te prendre la matinée.
Pour un bon mix, il faut mélanger les invités et les typologies socio culturels mais ne pas se mélanger les pinceaux.
Le résultat va dépendre ce cet art délicat et difficile.
Il faut donc un comique pour animer, un abruti pour rigoler, un médecin pour la crédibilité, un prof pour la vacuité, un gourmet pour apprécier, un alcoolo pour cuver, un affamé qui va gonfler, un érudit qui va nous gonfler, un obsédé qui va mater, un discret qui va s’ennuyer, une dépressive qui va pleurer, un winner qui va s’étaler, un looser qui va expliquer, un fonctionnaire qui va s’expliquer, des enfants qui vont hurler.
Ca c’est pour le coté cérébral si l’on peut dire, pour le coté physique ce sera varié surtout chez les dames et dans la coiffure principalement, l’effort capillaire en province est un challenge toujours renouvelé rarement égalé.
Bavarder et pérorer est la première activité de la gente féminine en province, la sortie d’école ne suffisant pas, on va attendre cette soirée pour rattraper le temps gâché à des taches ménagères et éducatives.
MARDI :
La liste terminée il va falloir en attaquer une autre, celle des courses. Que faire à manger pour épater sans se ruiner, étonner sans choquer et régaler sans se faire plumer.
Bon épater avec du pâté ce n’est pas le pied et puis le foie gras c’est dépassé, le saumon ca sent trop le supermarché et les blinis c’est du congelé. Les plats en sauce ca fait gonfler et les conserves faut les cacher.
« CE N’EST PAS FACILE DE SE LA PETER SANS DERAPER DANS LE BUDGET »
On va donc faire du décalé, de l’exotique à moindre frais, des rouleaux de printemps en plein été, une cote de bœuf au mois de janvier, une raclette avec du rosé, un bourguignon avec des navets.
Pour les bouteilles, c’est le même calvaire, comment arriver à faire boire un petit vin local (et qui le restera) sans passer pour un handicapé de la carte premier, un sous doué du porte monnaie, un angoissé du chèque à libeller.
MERCREDI :
La journée va servir à affiner la liste des courses, le budget est arrêté. Bon ca va, on a bien géré. Les convives ont confirmé, certains vont même participer, une bouteille de rosé, un gâteau nul à chier, un bouquet de fleurs à jeter, un objet de déco à vite casser, mais ce sera toujours cela de moins à acheter.
JEUDI :
La tension monte, plus que deux jours avant cette belle soirée, les courses sont programmés, le frigo est fin prés, la femme de ménage va passer, ah ca va en jeter.
VENDREDI :
Les ennuis vont commencer et la journée n’est pas entamée. D’abord il va falloir dépenser, ce n’est pas le plus drôle de la journée.
Passer deux heures au supermarché pour éviter de se ruinerle porte monnaie.
Puis tout ranger et contrôler si rien ne manque pour cette belle journée.
SAMEDI……………JOURNEE
Le grand jour est enfin arrivé, la nuit a été agitée, le réveil spontanée. On va pouvoir cuisiner mettre la table pour les invités et puis attendre la soirée.
Les enfants on les a fait garder, des fois que la fête soit plus longue que prévu et qu’elle se termine de façon endiablée.
On ne sait jamais, une discussion à bâtons rompus, un fou rire qui n’en fini plus, un imprévu, un ami perdu de vue, une idée bien saugrenue, un farceur qui s’est perdue, un alcool un peu trop bu, une femme bien trop étendue sur sa vie de solitude aigue, un divorce qui n’en fini plus, un mariage corrompu, des lâchetés bien contenus, des vacuités en veut tu, que sais je encore de cette tenue ?
Mais faut pas rêver, on plonge plus souvent dans le convenu et le prévu que l’inconnu et le surplus.
SAMEDI…
Tout est fin prêt, la table est mise et puis les mets. Y’a qu’à mettre la tenue appropriée pour recevoir autant de vanité endimanché.
L’heure est toujours programmée, pas de dérapages sous les tropiques provinciaux ou la pendule à défaut de régler le stress et les nombreuses activités règle de façon métronomique et pendulaire l’art d’occuper un temps vide de sens le long de ces semaines rythmées par les saisons le l’ennui, déprime, mélancolie et ses corolaires plus mouvants mais guère plus enivrants
20H30 : C’est le début des hostilités, pas facile de se garer, le parking en plus n’est pas gardé, pas chauffé non plus. Ils vont donc se les geler sous leurs manteaux cachemirés.
Et puis voilà les premiers arrivés, la tenue pas négligée. On commence par une série de bises bien appuyées, le cadeau bien emballé et la visite guidée peut commencer, la chambre du dernier né, le canapé du dernier cri, la toile inachevée d’un gland maître incontesté et ce petit objet ramené lors de son dernier congrès.
Arrivent les derniers, jamais pressés, faut tout recommencer, la visite, les descriptions, les budgets.
Et puis c’est l’apéro, les biscuits mais pas trop, les petits fours ma non tropo, un petit verre
Et puis le flot, que dis je, la vague, les paroles, les bons mots.
On se noie sous le propos, chacun ajoute son avis ses envies, on applaudit l’érudit que personne n’écoute, on tance du regard le mari qui dérape sur un non dit, on pérore, on exulte dans le verbe haut et le propos farineux , la vacuité comme colonne vertébrale et la vanité comme don de soi à la communauté bien pensante de petit bourgeois provincial engoncé dans un vide automnal qui sied bien à ces alcôves surchauffés ou le mot dit est un passe temps précieux qui effleure la vie sans jamais la regarder dans les yeux comme on peut le faire d’une douce et aimante qui t’enivre par ces promesses de félicités à venir.
Bon pendant ce temps là, toi tu as fait déjà dix kilomètres entre les visites répétées, les allers retours entre ta cuisine et le salon enfumé, la cave à vin et les wc.
La faim prenant le dessus sur la discussion, un glissement de propos vain va s’opérer vers la table de la salle à manger.
De la cuisine, une odeur alléchante réveille l’endormi qui attend qu’on le sustente, l’affamé quand à lui est déjà installé.
Le placement a lieu, en ville on panache, un homme à coté d’une femme, dans la proche banlieue, on fait dans le regroupement hormonal, cinq hommes d’un coté cinq femmes de l’autre, le tout séparé par le rituel bouquet de fleurs et les non moins rituels bouteilles de vin.
En province, on sépare là aussi mais dans le temps, les hommes d’abord, les femmes après.
On attaque le premier plat, on devrait dire ils attaquent le premier plat, parce que toi tu vas rester debout tout le long du repas.
Un invité ca a soif, ca a faim, ca mange du pain et ca parle fort, certains par contre seront silencieux accaparés par leur instinct de survie, d’autres vont picorer obnubilés par leur propres pensées celles-ci ne laissant que peu de place à la nourriture terrestre, d’autres vont picoler avant de sombrer dans le propos éthylique et libidineux, l’un étant souvent lié à l’autre.
Les femmes quand à elles vont frôler les sommets, de lieux communs en maternité de Christian Dior à Versachééééééééé, ca va voler haut, y’en a même qui vont survoler, le mur du son ne sera jamais franchi mais on ne sera jamais loin de ce phénomène acoustique symbole de vide si l’on se plie à une torture métaphorique iconoclaste et non dénuée d’opportunisme.
Arrive le clou de la soirée, le gâteau anonyme et la bouteille de champagne codebarisée !!! !! !!!!!! !!! !!!!! !!!!!
Les coupes sont remplies de ce breuvage d’hypermarché, tout le monde est à son apogée même la soirée s’est bien passée. Les hôtes sont congratulés, vraiment tout était parfait, toi tu t’en serais bien passée. Le repas : pas vu passé L’apéro : on l’y reprendrait Non vraiment, rien à jeter, on n aurait bien emporté.
Puis arrive la séparation, le retour au quotidien, sa maison, sa vie de chien, cette mine que l’on traine du soir au matin.
Au fait c’est deux heures du matin, les autres vont se coucher, certains vont même cuver.
Toi, ta soirée n’est pas terminée, on pourrait dire qu’elle ne fait que commencer.
Va falloir débarrasser la tonne d’immondices amoncelées tout au long de cette belle nuitée, le tas d’assiettes faut les laver les verres c’est pareil mais sans les casser, après c’est un coup de balai et les cadavres de bouteilles à sortir dehors et c’est gelé.
Quand tu vois ce qu’il reste tu commences à douter sur le fait qu’ils aient aimé.
Tout cela va durer le reste de la nuit et encore t’a pas tout fait briller, t’es naze complet t’a fait que grignoter, t’as bu deux verres de rosé et encore à moitié………Tu vas te coucher et demain il ya les mêmes à aller chercher, ils n’ont pas intérêt à te faire ch………… sinon ca va barder…………………..
11 janvier 2007
petit tour chez la voyante ou le début de la fin

La satiété elle a que des problèmes
18 HEURES,fallait tourner à droite, faire 100 mètres, surveiller un halo de lumière dans ce quartier sombre et voir l’enseigne sous la pluie qui scintiller pour mieux guider l’inconnu qui s’avancer dans cette ruelle.
En face un bistrot de quartier ou la misère masculine s’isolait pour mieux masquer la vacuité d’une vie et la vanité d’un propos.
La boutique formait l’angle de la rue, ancienne boucherie ou mercerie, la devanture avait été préservée dans un souci évident d’économie mais l’ensemble était harmonieux ou en tout cas en phase avec le périmètre voisin.
La nuit était tombée depuis peu et la pluie depuis fort longtemps, l’ensemble des deux donnait à l’endroit une teneur bien en phase avec le contenu et le but de la visite.
L’arrivée à l’heure fut appréciée.
Elle était comme on l’imagine, les cheveux en pagaille et le fard appuyé, la poitrine opulente et la taille minimum, l’odeur d’encens entourait le lieu, la lumière discrète et l’humidité ambiante finissait de poser le cadre de cette rencontre.
J'étais là pour mon avenir incertain à ces heures et à certains aussi.
Je m'assis face à une nappe odorante quelques jeux de cartes allongés de façon négligé me laissait entrevoir la suite de l'heure qui allait se passer.
Le but de la visite dans ces moments voilés était de deviner la suite de ce jeu délicat ou quelques ans avant je m'étais aventuré.
Qu'allait il sortir de ces cartes alignées , de cette vision que l'on vient chercher, de cette thérapie de gentil petit paumé.
On passait du pathétique au petit déjeuner au pitoyable pour se coucher.
Dans quel état se retrouve t'on pour pousser de façon frénétique la porte de ces salons particuliers ou l'on vient s'enivrer de propos trés habiles prêts à réconforter l'amoureux transit et déçu, les solitudes comme trains de vie, les habitudes comme seuls soucis.
Quel désarroi a t'on franchi pour à ce point s'abandonner à un jeu de cartes bien abimés.
Pendant cette heure passée à écouter sans se presser, la douce parole d'un conte de fée, le temps s'arrête sans y penser.
Puis le retour à la vérité, ta vie de chien et ses ratés, ton peu d'entrain, la satiété comme une faim non désirée.
Voilà pour cette vie de rien qui te mène du soir au matin mais que décide t'on vraiment de tous ces moments de mélancolie ou la dérision s'invite comme ultime rempart à l'envie, de ces instants secrets ou l'ennui est un art alangui.
On se prend au jeu de ce futur promis, de cette projection qui masque le présent, de ces bouts de propos qui se veulent élégants.
New York Las Vegas La Loose sans porte bagages

Ca commence souvent par roissy, un voyage d'affaires ça s'appelle.
Bon, les affaires elles vont voyager, c’est sûr, pour le reste, faut voir.
Tu commences par enregistrer tes bagages, tu pars 8 jours, mais il te faut un minimum pour ta survie, c’est à dire 2 valises de 20 kgs bourrés de fringues froissées, mais ça tu ne le sais pas encore, une valisette pour les produits de beauté, et il va en falloir au bout de 11 heures de vol pour avoir l'air frais, et bien sur un sac de cabine ou tu vas mettre les dernières choses indispensables qui ne rentrent plus nulle part.
Tu es donc prêt pour le grand saut transocéanique vers les états unis.
Tu montes dans l'avion et là ça va commencer à se gâter.Tu décolles à 19 heures, heure locale, premier repas puis le film comme à la maison. Bon pour dormir, ce n’est pas la même, surtout en classe troupeau, mieux vaut avoir la taille de Philippe Gildas que celle de David douillet .Tu vas rester assis une dizaine d'heures puis avant d'arriver tu vas petit déjeuner. Tu as mangé, il y a 8 heures, dormi une heure voir deux, tu petit déjeunes et tu sorts de l'avion, c'est neuf heures du soir.
Le temps de récupérer ton matériel de survie, de prendre le bus collectif, tu vas te coucher. Résultat tu as bu 2 cafés, mangé un croissant en plastique, et dodo. Sympa non? C’est le seul moment de ta vie ou tu petit déjeunes avant d'aller dormir et ce n’est pas fini.
Le matin, tu ouvres l'oeil, reposé, la sensation d'une nuit réparatrice et ce plaisir d'avoir fait la grasse matinée. Tu crois qu'il est onze heures du mat, tu regardes ta montre, stupeur, effroi, il est cinq heures trente du matin. Tu regardes la brochure de l'hotel, petit déjeuner à partir de sept heures trente. Là tu commences la bagarre avec ton polochon, les draps et la télécommande. La télé, c'est en anglais, je rappelle que tu es aux états unis. Tu ne comprends rien de rien, il parle vite, 10 chaines météo, vingt de téléachat autant pour les news. Tu n'as jamais zappé aussi vite de ta vie, déjà en france, il y a une certaine frénésie sur l'outil mais là c'est forcené. Autant te dire que tu grattes à la porte du restaurant dix minutes avant l'ouverture et que tu n'es pas le seul. Ils te servent un café. Aux états unis un expresso c'est un express dans un seau. C’est brulant, il y a au moins un demi litre, il te faut une heure pour le boire, à croire qu'il te le serve dans un thermo tellement c'est long à refroidir.
Après tu te dis on va aller promener dans manathan, mais attention ici à new York, un petit tour à pied c'est un 1/2 marathon le matin et un 1/2 marathon l'après midi.
Toi, tu es arrivé avec des chaussures de ville, tu as tout faux, il te faut des chaussures de randonnées. Bon pour le shopping, ça ne le fait pas trop, mais pour les cors aux pieds c'est mieux.
Le soir, tu rentres à l'hotel, tu ne sens plus tes jambes, ni ton porte monnaie d'ailleurs. La carte bleue a fondu, ici ils les font en kevlar carbone avec couche en amiante. Il te faut des gants spéciaux en fin de journée si tu veux encore t'en servir. Tu avais déjà 40 kgs avec toi, mais il va falloir bientôt que tu rachètes une autre valise pour les dix kg qui s'ajoutent jour après jour .D'abord les chaussures de montagnes ,puis les t shirts ,parce qu'avec ton sens de l'orientation ,tu as cru que new York c'était prés du pole et donc tu ne manques pas de pulls ,mais pas de bol ici, il fait 30 degrés et donc t'as déjà une valise qui ne sert à rien, et c'est pas encore las Vegas.
Le soir, sortie resto dans un club de jazz, tu imagines l'atmosphère enfumée un peu underground dans une cave avec le pianiste fatigué, et un sax prestigieux.
Et bien non, t’arrives dans un local style gymnase désaffecté, «interdit de fumer" ça commence bien la soirée, dans le coin, un bige band va se produire, c’est les seuls à être un peu serrés, le trombone doit jouer de travers s'il ne veut pas éborgner son collègue de devant, la rangée de sax est cachée derrière des pupitres peints au balai et taillés à la tronçonneuse. Toi tu vas manger une cuisse de poulet avec de la purée sans sauce, et écouter les standards de Duke ellington.Trés original, à la fin du repas c'est la ruée dehors pour fumer, un attroupement devant l'entrée .Même les musiciens sortent pour fumer, en définitive tout le monde est dehors .Tu rentres juste pour le dessert, l’addition et tu ressorts en courant pour en fumer une autre.
Le lendemain, tu attaques de bonne heure si tu veux tout faire et puis les pauses vont être plus nombreuses, le rythme plus lent. L’alimentation à base de pizza et de hamburger étant fatale au bon déroulement de la journée.
Tu rentres donc plus tôt à l'hotel, tu passes une heure sur le trone, avec le guide bleu sur les genoux, et tu te prépares pour la soirée steak house. Là, tu n'as jamais vu ça, la viande est épaisse comme les talonnettes de Philippe gildas, les frites, la frite je devrais dire est énorme, il coupe une pomme de terre en quatre, toi, vu la pénombre, tu crois que c'est des asperges, mais tu as tout faux, la rondelle de tomate quand à elle est équivalente à une pizza quatre fromage chez nous.
Retour à l'hôtel en passant par un bar, lui aussi non fumeur, autant dire que le lieu de discussion principal, c'est la rue, dans cette ville.
Deuxième partie du périple, LAS VEGAS, après cinq heures de vol et une fouille au départ qui te prend 2 heures. La veille on avait été prévenus, pas mettre des chaussures avec des lacets et pas de chaussettes trouées, parce que là bas suite à une tentative d'attentat à la chaussure piégé (c'est plus facile pour un terroriste de prendre l'avion avec ses chaussures qu'avec sa voiture) il faut quitter tes espadrilles et donc gare à la honte devant un orteil à l'air libre ou un ongle réincarné.
Imagine le jour ou il y aura un attentat à l'anus piégé. La fouille va être drole, originale, et festive. Des cabines comme à la piscine municipal, tout le monde nu et un doigt ganté à travers l'orifice pour un toucher rectal du meilleur gout. Si tu reviens du Maroc avec la tourista, vaudra mieux avoir les deux pieds dans une bassine, et si tu reviens des states, avec un colon en béton vaudra mieux que le douanier est une main de fer dans un gland de velours. Paris- new York, 8 heures de vol, mais aussi 8 heures à la douane, les chaussures à la main et une douleur à l'arrière train, pourtant tu as pris l’avion.
Las vegas, c’est l'endroit ou l'amplitude de température se trouve entre le dedans et le dehors et non pas entre le jour et la nuit. Il faut compter environ 80 degrés de différence, tu passes de + 40° à -40°.Tu rentres en t shirt et en tong, au bout de 5 minutes, tu as les lèvres gercées et les pieds gelées troisième degré. A l'intérieur ,il faut une tenue de survie, goretex minimum, une boussole pour retrouver l'ascenseur sans faire le tour du monde, une montre pour éviter de te coucher à 10 heures du matin en croyant qu'il est 9 heures du soir et un interdit bancaire pour éviter de finir une main devant et une main derrière, vu la température ce n'est pas conseillé. Tu es venu ici pour claquer des sous, mais tu va claquer aussi des dents. Tu me diras, c’est pour cela qu'il n'y a que le troisième age, ils ont souvent plus de sous que de dents et donc ça ne les gènes pas trop.
A part ça dehors c'est le four, et il n’est pas petit. Tu sors pour t'aérer, et ça t'assomme d'entrée ou plutôt de sortie. Toi t'as la parka, les chaussures de randonnées, des moufles et un bonnet, le minimum pour tenir 10 minutes à l'intérieur, mais dehors il faut ressortir les tongs, le short, le t shirt "I love new York». Tout ça pour dire que la logistique est importante dans cette ville. En final, tu montes dans ta chambre dix fois par jour, suivant l'activité et tu redescends aussi souvent. Le jour du départ, ta valise est aussi gonflé que toi, tu va passer autant de temps à la fermer qu'à fermer le dernier bouton de ton jean, seul le porte monnaie a fait une cure de thalasso.
Retour à l'aéroport, refouille .Tes pieds ont gonflé avec la chaleur, impossible de remettre tes chaussures après la douane. Tu montes dans l'avion, défait 3 boutons du pantalon, tes chaussettes te serrent tellement que tu crois encore avoir tes chaussures au pied. C’est parti pour 10 heures de vol, sans trop bouger, d’abord c'est plus un ventre que tu as, c’est une montgolfière, original dans un avion n'est ce pas? Tu zappes le plateau repas pour éviter un dégazage intempestif en milieu de nuit, tu essayes de dormir, tu y arrives enfin, mais c'est trop tard, tu survoles l'angleterre, l’avion attaque sa descente, toi tu sens que tu ferais bien une descente mais pas dans le même registre. Atterrissage, douane, t’as remis tes chaussures mais sans les lacets, ton ventre c'est plus une montgolfière, c’est un dirigeable, Zeppelin à coté c'est un amateur, et t'es pas encore à la maison. Les aéroports sont bien faits, ils sont immenses, tu attends donc le moment propice pour évacuer l'excédent accumulé depuis une quinzaine d'heures, tout ne se fait pas en une seule fois, tu temporises, enfin tu essayes comme tu peux avant le lâcher final, on pourrait même dire le bouquet final dans ta voiture .voilà donc une semaine bien rempli de la tète aux pieds.
