Gagner sa vie ça coûte cher

Un chef d'entreprise looser aux prises avec des salariés qui ne le sont pas moins

30 mars 2007

RENCONTRE : 5 (mélange de pinceaux)

Un martini blanc accompagné de deux glaçons et un perrier tranche comme témoins, la lumière incertaine en ces heures distantes, ce mobilier accessoire inutile, le décor était là malgré nous, tout cela n’avait que peu de sens en ces moments où le temps s’écoule sans référence, où tout est en suspens, comme vaporisé, brumisation de tourments, vapeur d’humeur hésitante, elle était là face à lui, regardant du fond de cette banquette ce sale gosse qui se débattait dans ces paradoxes et ces approximations qui font craquer les murmures et ce à des fins inutiles, la messe était dite, le premier instant avait suffit pour savoir qu’elle aurait cet homme et qu’elle l’envouterait malgré son air de maîtrise et sa façon de jongler avec les mots, virtuose du phrasé élaboré, du verbe ciselé, concis et varié, de la description métaphorique à but évocateur.

Ses yeux brillaient déjà de mille envies mais elle le laissait venir à elle et gérait à merveille la distance qui les séparait.

Elle jouait de la mise au point comme un photographe virtuose, et avait le verbe court pour formuler et résumer le déluge de mots qui s’étalait pitoyablement entre eux.

Elle savait qu’elle ne tiendrait pas rigueur de cette approche remplie d’humour et d’empressement, féline elle était et le serait là aussi.

Trentenaire, quelques mariages et quelques divorces plus loin, elle savait le cycle qui régit une relation amoureuse, des premiers émois et sensations à la chute qui se lit très rapidement mais qui se masque longtemps et qui jaillit un jour au détour d’une lassitude excessive.

Elle était donc à la sortie d’une histoire et avancait vers sa vie et donc vers l’autre........................

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28 mars 2007

RENCONTRE : 4 (premier plat et première platitude)

Ils étaient assis l’un en face de l’autre et sur la droite en entrant, en fait face à la porte des toilettes et sous la bouche de ventilation.

L’odeur, le bruit, les allées et venues incessantes de la gente féminine à vessie minimum et miction répétée animait le passage et ponctuait les balivernes qui fusaient au dessus de la salade du marché pour madame et la charcuterie maison pour monsieur.

Du virtuel, on était passé au pitoyable sans paliers de décompression, certains couples mettent quelques années pour n’avoir plus rien à échanger, là on allait toucher le fond au bout de deux heures et il y avait encore un certain chemin à effectuer avant de renoncer.

Oh puis non, c’est trop dur à écrire comme cela….

Elle était comme on imagine ces rêves. Elle sortit de sa voiture avec une élégance certaine, et s’approcha de lui en déposant un baiser du bout des lèvres en signe de bienvenue.

Finement vêtue comme pour être en harmonie, tout irradiait chez elle de par cette allure et cette démarche qui te font poser un temps d’arrêt sur la vie et les choses comme happé par cette vue infime qui traverse tes émotions.

Blonde aux yeux verts, bottée, et gantée comme dans un autre siècle, elle indiqua avec douceur le plaisir qu’elle avait à poser son regard sur ces heures de conversations virtuelles………………………

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27 mars 2007

RENCONTRE : 3 (l'apérot, oui la faute c'est exprès pour une fois)

La nuit était tombée depuis fort longtemps quand il mit son clignotant pour pénétrer dans ce parking souterrain.

Il n’aimait pas garer sa voiture en plein air, préférant lui trouver un emplacement douillet qui lui éviterait les coups et les rayures, lot de nombres de rêveries à quatre roues.

Elle était, quand à elle, arrivée avec les transports collectifs, son duplex, comme elle aimait le nommer (en fait, un deux pièces minable avec une mezzanine en bois qui sentait le pin et qui craingnait un max) se situant à deux blocs de ce lieu de rendez vous.

Vu la tonne de clichés échangée, ils ne pouvaient pas se rater, de plus la panoplie de Zorro et de poupée Barbie en plein mois de décembre place Bellecour à Lyon, ne pouvait laisser de marbre uniquement que le fier chevalier qui chevauche sans but précis une monture tout de bronze vêtue.

Ils ne pouvaient pas se louper, c’était déjà fait question accoutrement, pour le reste, le doute semblait ne pas les habiter et donc la jonction eut lieu comme prévu sous le regard amusé de badeaux attardés

Ils s’approchèrent l’un vers l’autre avec cette démarche pitoyable et gauche des deux amants qui se rendent compte qu’ils ont gardé leurs pantoufles pour aller au concert de Michel Sardou.

Après la bise appuyée et sponsorisée par une marque d’eau de toilette à usage industriel, ils décidèrent de s’engouffrer dans une brasserie afin de pouvoir échanger à l’abri, des regards langoureux et des phrases imbéciles d’une platitude propice aux ébats automobiles.

A ce stade relationnel, qui se situe entre les onomatopées et les phrases déconstruites, il n’y avait que peu de place pour la poésie et les envolés lyriques.

Lui venait de changer de camion, elle de supermarché, autant dire que le factuel était au rendez vous et qu’à l’issue de la fusion, chacun connaîtrait le charme d’un V10 de 6 litres de cylindrée et du code barre situé sur un pack de laid.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, elle avait pris quelques photos pour expliquer, la consanguinité et le port des lunettes à travers les portraits de ses géniteurs, à savoir maman et le cousin Alphonse qui commis, un soir d’été, l’irréparable en rentrant d’un fête votive et ou la marquisette lui avait tapé sur le front et l’avait affublé d’un priapisme que seul la cousine pu sans le vouloir honorer.

L’alcoolémie chez le cousin lui faisait avoir des érections titanesques et douloureuses. Ce n’était pas là son moindre défaut, je vous laisse donc deviner les appendices mammaires qu’elle avait hériter du cousin.

Simple, elle se tenait à cinquante bons centimètres de la table et ce sans le faire exprès

Lui n’était pas en reste avec ce parcours zolien qui le mena de l’école primaire chez un patron peu scrupuleux à des fins d’apprentissage, autant dire que la joie irradiait ce premier rendez vous et que le péplum tristement ridicule de leurs deux vies allait donner à cette rencontre un goût amer à tendance amnésique.

Deux heures plus tard, la faim ayant eut raison de cet apéro, ils partirent à la pizzeria non sans avoir auparavant, échanger un baiser anisé plein de promesses et de catatrosphes à venir.

L’entrée dans le restaurant se fit avec une discrétion relative, aux déguisements mutuels se rajoutait un taux d’alcool qui donnait à leur démarche un coté ambulant et tout en courbes et lacets.

Ils s’installèrent non sans peine, et là, allait commencer un moment d’anthologie amoureuse et culinaire fait à base de sauce tomate, de baisers appuyés et ponctués de rôts salvateurs et de propos à l’emporte pièce sur le dépassement autoroutier avec un bahut de quarante tonnes………………………………………………

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26 mars 2007

RENCONTRE : 2 (préapalabre)

Le dernier échange virtuel avait vu le rendez vous fixé au lendemain soir, en effet, le midi étant plus propice à un échange classique, le repas du soir leur avait semblé plus adéquat s’ils voulaient finir par un feu d’artifesse et un passement de jambes, en l’occurrence, plutôt du jambonneau.

Ils avaient chacun les photos de la partie adverse, et tout en sifflotant dans leur tutures, se donnaient de l’élan pour affronter la promise et le courtisan.

Déjà bien en avant dans l’après midi, elle s’était aprété plus que de raison afin ne pas décevoir son routier de chauffeur et s’était épilé afin de parer à d’éventuelles fouilles intra vestimentaires.

Elle avait fait réinstaller la choucroute qui lui servait de couronne et avait les pommettes de Bozo le clown un soir de spectacle en province.

Pour ce qui est du spectacle, on allait être servi, le pitoyable allait côtoyer le pathétique qui lui ne se tiendrait pas très loin du ridicule et du grotesque.

Lui de son coté n’était pas en reste. A peine descendu du camion, il s’était engouffré sous la douche pour astiquer l’instrument afin de le faire reluire avant l’exposition buccale.

Rasé de prés avec le parfum de superette qui va bien, il embaumait autant que la momie de Ramses lors de son décoffrage.

A eux deux, ils allaient irradier tous les lieux croisés, ce doux mélange de parfums à deux balles qui se répondait en échos aurait fait tourner de l’œil toute femme gravide, mais là malgré les appendices, rien ne gênait leurs odorats respectifs

Le bar des deux magots, voilà un lieu de rencontre qui va bien, PMU, Morpion, RAPIDO, odeur de cigarette et de vie enfumé, le lieu laissait augurer de la suite à donner.

Ca sentait la pizzéria Del Arte à dix lieues et le fromage dessert comme première félicité......................

Posté par emile davis à 22:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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