Gagner sa vie ça coûte cher

Un chef d'entreprise looser aux prises avec des salariés qui ne le sont pas moins

10 mars 2007

VUE D 'EN HAUT

LE CADRE SUP

Désirant continuer mon inventaire de la strate sociale et du dénigrement de classe, je continuais mon déballage par le haut de la pyramide ou le vent souffle fort aux oreilles.

Le cadre sup. et le PDG nous font rentrer de plein pied dans la catégorie reine de la voiture de fonction teutonne et de le carte business, du costume griffé, des chaussures pleine fleur et cousu Good Year, de la note de frais et des hôtels  étoilés.

L’antichambre du pouvoir ultime, c’est le cadre sup. avec sa cohorte de convenu, de codes et de signes lisibles et reconnaissables uniquement par ses pairs, mais aussi de choses moins reluisantes, pauvres travailleurs qui pensaient du haut de vos établis que tout coule de source dans ces étages meurtris.

Le cadre sup. est issu des grandes écoles, il maîtrise quelques langues dont celle que l’on prénomme en langage pyramidal du bas : La langue de P…..

Je me dois d’ajouter à ce billet vestimentaire, une note de fonctionnement.

En effet, il m’est apparu opportun et important d’expliciter au commun le passe temps favori  de ces étages de buildings ou l’élevage de la peau de banane n’a d’égal que la disposition de celle-ci le long des couloirs moquettés

L’art de l’esquive et l’art de la survie en milieu inhospitalier sont les deux rudiments que nos chérubins se doivent d’apprendre sur le banc de ces écoles extorqueuses de fond.

Ainsi se nomment les écoles de commerce qui font de leur émoluments une mise en pratique immédiate des cours inscrits au programme.

Le cadre sup est donc dans l’ascension et courbe l’échine car l’effort est rude et l’oxygène arrive à manquer dans les hauteurs, autant vous dire que parfois on peut avoir le souffle coupé et pour des raisons qui dépassent parfois le mur du son.

La carotte est belle par ailleurs, mais il ne faut pas la perdre ce vue car sinon tu peux l’avoir dans un endroit pas prévu au départ.

L’occupation principale donc de cette catégorie sociétal est la confection fielleuse et préméditée de divers instruments et accessoires qui vont servir à asseoir une ambition aussi démesurée que la voiture du boss et les jambes de sa secrétaire préférée.

Les dents ont été préservés et taillés dès le plus jeune âge pour appréhender ce dur métier qui consiste à passer son temps dans l’intrigue et la lutte de pouvoir afin d’atteindre au plus vite le sommet de l’ennui.

On mange de la viande tôt et en quantité pour aiguiser l’appétit carnassier.

En haut de l’échelle, on contemple tout d’abord la vue parfois dégagée, souvent son parcours plutôt embrumé et prioritairement la façon dont on va bien pouvoir prendre le fauteuil de celui qui est assis deux bureaux plus haut sans qu’il ne s’en rende compte comme par un tour de magie et d’attendre le jour ou celui-ci te croisera en te disant au revoir après un passage express dans le bureau De l’exécutive manager et celui de la chef compta.

L’art de l’embrouille à usage restreint et l’art de savonner la planche sans faire de mousse sont des priorités nécessaires à la survie en ces étages ou une semaine de congé est aussi périlleuse qu’une sortie en pantoufles pour aller faire uriner le caniche à prix surfacturé et ou l’arrêt maladie sonne un arrêt de mort.

L’absence est la première faiblesse du cadre sup., il ne doit pas quitter le lieu de l’intrigue et se doit de fomenter, d’instrumentaliser en permanence pour entretenir cette lutte de pouvoir qui fera craquer le faible et le trop confiant.

Le cadre sup. va passer les trois quarts de son temps à positionner et à se positionner par rapport à une hiérarchie coupée complètement de la strate inférieure, de ce filtre malsain qui irradie les couloirs va sortir ce que l’on nomme le management participatif, système pervers ou le non dit est une valeur première et ou l’autocensure est un art complémentaire.

Rajoute des conditions de vie humiliantes quoi qu’il en soit, eh oui que le courageux aille faire un tour sur un quai de gare TGV un lundi matin à six heures et ce ne sera que défilé de quadras qui mal réveillés montent à la capitale pour aller exhiber des tableaux frauduleux à une hiérarchie qui elle regarde le CAC 40 comme un film porno.

La mascarade boursicotière qui en découle n’est en fait qu’un concours de beauté financier ou l’on maquille avec talent des sommes rondelettes afin que de petits retraités made in USA golfent en voiturette avec porteurs hindous et serviettes attitrées.

Ca sent la lutte de classe alors que ce n’est qu’une lutte de pouvoir, aucune différence en fait si ce n’est la tenue et la rigueur des mains

En affaires, il faut beaucoup de savoir vivre et aucun sentiment, le coup de couteau est virtuel, ne fait pas couler de sang mais détruit des vies en silence et en ambiance climatisée.

Combien de camarades sont morts au combat au seuil de bureau à moquette bouclée, combien de valeureux ont fléchi à la lutte, combien ont renoncé devant le parjure et

l’affront dos tourné.

Bon je ne vais pas pleurer tout de même, mais je tenais à rappeler les conditions inhumaines dans lesquelles une partie non négligeable de nos concitoyens vivent et endurent leurs vies professionnelles.

Arrive enfin la catégorie reine, celle que tout le monde espère un jour croiser, mais ce sera un autre billet, en effet c’est le métier que je pratique le plus et donc j’ai beaucoup de choses à dévoiler…………………………………

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07 mars 2007

WEEK END À REFAIRE

Jamais à court de bonnes idées comme il se doit, mon amie avait déniché un Relais & Châteaux dans le sud-ouest de la France à une heure de vue environ de Carcassonne et de ses remparts, vestiges guerriers d’une époque ou l’autoroute ne voyait pas passer que des gentils touristes, mais aussi des envahisseurs qui passant sur cette voie romaine de bonne facture sortaient au péage suivant, afin de piller le village et le moindre des ses habitants.

Je ne m’étais auparavant jamais arrêté dans ce coin là en emmenant mes surfers de fils qui s’adonnaient à ce sport subversif qui consiste à maîtriser une vague et l’assaut de jeunes filles à peu prés dénudées

Nous voilà donc partis un samedi pour ce périple agricole en rase campagne, et puis cela me ferait du bien me disais-je, que de me mettre au vert et au calme en ces moments ou la bourse fait des siennes, et ou le chaos bruyant des salles des marchés résonne dans mes pas pressés.

Il fallut quelques heures nonchalantes en ce début de printemps pour rejoindre ce havre de paix situé sur une colline arborée qui avait du abriter en des temps forts lointains et joyeux une horde de châtelains qui régnaient sans partage sur la vallée.

Vallée qui d’ailleurs s’étalait nonchalamment à perte de vue rejoignant l’horizon de mes pensées confuses en ce matin chaleureux ou le vent tempérait l’assaut déjà violent du soleil.

Comme lors de tout bon périple en terres inconnues et étrangères, on se devait de ramener aux relations et amis que l’on entretient avec tact et sincérité relative, ce que le producteur local fait de mieux.

Il s’avère qu’en ces lieux rudes ou le vent souffle fort, par mimétisme, le produit phare, emblématique, est un met, on devrait dire un "mais", qui se compose d’un légume à effet déflagrant et de charcuterie qui finiront de donner à ton 14 juillet personnel un bouquet que seul un sphincter traité à l’Epo pourra réprimer après quelques heures de route en position assise.

Mais toi, tu es venu dans ton carrosse, pas en voyage organisé, d’ailleurs, je vous laisse divaguer un instant et imaginer un voyage du troisième âge en visite sur les remparts de cette bonne ville de Carcassonne avec dégustation de cassoulet à midi dans un relais routier.

Je ne vous parle même pas du déluge dans l’après midi et de la ventilation nécessaire afin d’éviter une asphyxie générale et une alerte incendie, sans compter le concert pour orgue et trompette de tous ces anus vieillissants, réprimant de façon atonale, un assaut venteux qui sied mal à la vie en communauté fusse t’elle canonisée.

Le Philharmonique de Berlin, à coté, c’est un orchestre de bal un soir de semaine au fin fond de la Creuse

Donc, pour ne pas déroger à la règle de bienséance qui consiste à revenir avec des produits locaux, loin du calme, nous décidâmes d’aller faire un tour en ville afin de dénicher une boutique de tenue qui trie sur le volet la teneur des flageolets et la qualité du porc voué à l’abatage.

Nous arrivâmes dans la proche banlieue de cette ville ancestrale et au détour d’une zone ou s’étalent des cubes commerciaux, je sentis un choc assez rude sur la croupe de mon vaisseau automobile, suivi d’une éructation à base de mots peu usités dans les salons ou se côtoit une partie de la France qui décide.

Comme cela se passe des milliers de fois par jour ouvrable ou pas d’ailleurs, je venais de subir l’assaut d’une voiture à usage pastoral et à freins déficients.

A l’intérieur du bolide agricolement adapté, se tenaient où plutôt s’entassaient cinq personnes dont le pilote, jeune homme alerte qui avait dû avoir vent du contrôle des naissances mais qui personnellement avait eu du mal à le pratiquer.

À ses cotés, une frêle demoiselle qui tenait en ses mains un lapin de garenne qui tenait lieu de sac à main et dont la chevelure était surmontée d’un chapeau approximatif et laineux.

Derrière trois bouts d’hommes géraient la place qui restait entre les cageots, le fatras et les courses que venait de faire ce couple local.

La voiture n’avait pu répondre à l’insistance de son chauffeur et vu le poids embarqué n’avait répliqué que par un ralentissement sommaire, mais loin d’être suffisant pour éviter une fois de plus d’enfoncer le fondement de mon palace allemand.

Je dus donc sortir et essayer de converser avec l’autochtone qui à mon humble avis avait abusé d’élixir anisé et qui de ce fait rajoutait des RRRRRRRRRRRRR à tous les mots.

Moi je n’avais pas encore le dico "franco-sud ouest alcoolisé", et j’avais du mal à comprendre sa logorrhée.

Autant dire que le bouchon qui se créa mis à mal la passion consommatrice de la horde des passionnés du supermarché le samedi, et nous décidâmes d’établir le constat en un lieu ou la maréchaussée ne risquait pas de faire souffler mon illustre concitoyen à verbe haut, voiture fatiguée, et fratrie au demeurant bouche bée.

Il habitait à quelques encablures de cette zone commerciale et nous convia à finir le constat autour d’un café calva.

Je ne pus refuser et je me retrouvais donc à suivre une voiture dont je tairai le nom afin de ne pas avoir de procès de la part d’industriels peu scrupuleux qui laissent circuler des voitures sans freins et à pilote avarié.

Je pensais avoir connu pas mal de choses dans ma vie de nanti, mais là je pressentais un grand moment, un pressentiment en suivant à distance ce frêle équipage.

Quelques dédales plus loin, nous fument inviter à pénétrer dans une propriété pavillonnaire à surface modérée, lieu de villégiature de cette sympathique famille.

Passé le portillon, l’agression visuelle fut d’un seul coup intense, l’art d’amasser chez certains est un art majeur, là c’était une pandémie.

Commencer la description était salutaire et ce sans avoir fouler de mes fins escarpins cette cour des miracles ou rivalisaient sans gêne ce qu’un homme normalement constitué ne peut concevoir sans un écart cérébral fatal à bon nombre de ses neurones.

La filiation agricole depuis quelques générations était évidente, et la descente à la ville se fit au prix de concessions que la surface permise ne peut admettre à elle toute seule.

On était loin de ces fermes d’antan ou le fatras et la récupération en tout genre donnaient en ces lieux une atmosphère curieuse mais pleine de découvertes.

Ici c’était MAD MAX puissance dix, un tel amas de ferrailles, d’outils contondants, de bouts de tôles, et de cartons et cageots en tout genre laissait augurer de l’intérieur du logis.

Je me demandais même s’ils n’avaient pas racheter les décors de ce film tellement cela paraissait incongru au milieu de cet espace qui tenait lieu de garage, d’entrepôt, d’atelier à ciel ouvert, et de salle de réception de plein air, les jours ou la famille descendait à la foire aux poulains en tout début de l’an.

Ma douce qui n’avait pas délaissé ses chaussures échassières s’enfonça dans la terre qui recouvrait le dallage approximatif et herbeux de façon épars.

Après quelques mètres périlleux pour un pantalon de couleur claire et des mocassins en veau retourné, nous entrâmes dans le pavillon de cette douce famille du sud-ouest.

Dès l’entrée, tous les sens furent mis à contribution, l’odorat, la vue, l’ouie, et ce de façon simultanée et concomitante.

Ils avaient osé une cuisine à l’américaine donc non fermée, et avaient investi dans un mobilier bon marché et en kit chez un commerçant à slogan simple à retenir.

L’erreur était là sans doute, la confection de plats en ces milieux post-agricoles se fait rarement sans une tonne d’huile, et de viandes bien grasses qui font le fameux bouillon.

Autant dire que la cuisine était une zone sinistrée et que si tu ne t’appelles pas CANDELORO, tu risques un dérapage dès le passage du seuil qui sépare la patinoire du salon patiné, et de te retrouver en train de faire un triple salto sans t’en rendre compte.

Le pauvre cuisine gras et en quantité, il a l’art du cumul mais dans le mauvais sens.

Ensuite le salon salle à manger, oui on fait moderne dans le style, pour les meubles c’est autre chose.

Simple, tu ne peux te déplacer que de profil tellement c’est entassé, des meubles partout, bahut, commode pas commode, table forestière, un demi hectare pour le plateau et un tronc par chaise, un bois décimé pour un intérieur nul à scier, c’est du massif, du rustique, tu ne risques pas de casser quelque chose a part si tu te prends une chaise sur un orteil, auquel cas, c’est l’amputation immédiate.

On ne retrouve guère ce type d’habitat que dans les alpages à vrai dire.

Je disais donc le salon, où on nous invite à prendre place, comment décrire un sofa en vrai cuir de vache du Niger, vache qui a eu la varicelle et la rougeole en même temps et qui donc a laissé à la postérité un grain de peau plus proche du gant de crin que celui du cuir de ma teutonne à roulettes.

Au milieu la roue de charrette avec plateau en formica mélamine transparent pour laisser apparaître les rayons gangrenés par la vérole sur lequel trône l’indigence d’une lecture faite à base de commérages et de peopolisations outrancières.

Je passe sur la TV qui hurle la météo et les enfants qui tournent autour de nous comme une mouche bleue au dessus d’une évasion rectale.

On prend place donc et l’on commence à remplir ce fameux constat qui va permettre de réparer l’affront automobile, on en profite pour échanger quelques banalités que tout le monde peut comprendre, enfin surtout eux, et l’on nous sert un alcool fort fait à base de plantes et d’animaux séchés.

Le cul sec n’est pas ma spécialité mais là je suis content de ne pas exceller dans cet art, ils nous racontent les enfants, les soucis de la mamie qui faut aller voir le dimanche venu.

J’essaie de façon délicate d’écourter le propos, mon but n’étant pas de m’immerger plus que cela dans ce monde, mais ils insistent et nous font visiter le reste de la couscoussière, avec la chambre des loupiots et celle nuptiale ou s’entassent le linge froissé et une table à repasser faite maison, c'est-à-dire avec une porte anti-feu récupérée sur un chantier, soudée à des tréteaux.

Visiblement le chef s’est découvert depuis peu une nouvelle passion qui consiste à décortiquer des computers.

Donc il en traîne partout, visiblement sa douce est heureuse et frise la pamoison, en effet d’après ses dires, elle avoue une passion pour l’écrit et la poésie et peut donc mettre en page le fruit de l’essorage de sa serpillière cérébrale, afin que d’aucuns compatissent en silence à l’indicible couché sur papier.

Après le remplissage laborieux du fameux papier, nous nous levâmes en évitant de casser un des nombreux bibelots qui frisaient les uns à coté des autres sans aucun sens mis à part celui du ridicule, en effet ne dit on pas friser le ridicule.

Nous retournâmes à notre carrosse en essayant d’éviter les déjections canines de l’élevage, parce que non content d’être à cinq dans quatre vingt mètres carrés, ils n’avaient pas trouvé mieux lors d’un périple dominical à la SPA du coin, que de ramener un chien de chasse, qui déposait de façon minutée ses rejets et ce sur les trois cent mètres carré de la propriété.

Autant dire que vu le débit, il valait mieux regarder ou tu marchais si tu ne voulais finir en beauté sur une bouse odorifère.

Imagine l’été quand tu arbores des jolies tongs et que tu écrases avec conviction, un ersatz canin, la gêne que tu vas ressentir et ce entre les orteils, l’hiver avec les chaussures de randonnée, c’est autre chose, deux jours de nettoyage avec une brosse à dents.

Retourner à sa voiture équivalait à traverser un champ de mines au nord Cambodge du temps de POL POT.

Dans une facétie qui m’est propre, je me demandais même s’ils ne feraient pas mieux d’ouvrir un tabac LOTO, car pour arriver au comptoir chez eux, tu aurais deux chances sur trois de marcher du pied gauche sur une mine canine, et ne dit-on pas que cela porte bonheur

Voilà une idée à creuser, et puis les outils, ce n’est pas ce qui manque dans le coin.

Nous nous saluèrent………promîmes de nous revoir……… fermâmes les portières et démarrâmes en douceur………

Et le wek end ne faisait que commencer……………………….. 

PS ou UMP : Ma douce secrétaire vient de m’avertir une fois encore que mon hôte d’un jour, a essayé non sans peine, de décrire de façon parait-il assez maladroite notre rencontre dans des circonstances pas très honorables pour elle et sa fratrie.

Je vous mets en lien cet opus. À vous de juger.

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05 mars 2007

IMMERSION CONSUMÉRISTE

Franchement, soyez honnêtes, ça vous est déjà arrivé d’aller faire vos courses dans un supermarché ?

Moi, afin d’améliorer mon immersion en milieu hostile et peu hospitalier, ma douce avait décidé de m’emmener faire les courses une fois pour voir le charme du pack d’eau et de l’attente aux caisses, lieux où les gens poussent devant eux des chariots à roulettes à des fins alimentaires et ménagères.

J’avais dégagé une paire d’heures à cette fin peu ludique suite à un pari perdu sur le prix d’un litre de lait.

Je ne devrais jamais me lancer dans ce genre de pari propre à un chauffeur de taxi et une ménagère de moins de cinquante balais.

On avait décidé de tenter ce challenge tôt le matin, et en une heure de temps, j’allais croiser ce que la France fait de mieux en terme de désastre consumériste.

Comme toujours quand je vis un choc émotionnel, je me dois grâce à ma plume agile, de décrire ce que mes yeux ont vu, et vous narrer l’indicible, afin de soulager mes neurones déjà bien agressés par la vie commune de nos concitoyens.

9 heures pétantes, vu la clientèle, c’est pas détonnant, levés depuis trois heures, armés de leur caddie comme d’une baïonnette, ils attendent l’ouverture des locaux pour se ruer à l’intérieur, saisir une baguette de pain, une salade, un bout de viande pour le chat, un litre d’Hépar pour la protaste et ressortir à toute vitesse, croyant le parking payant.

Visiblement c’est le troisième âge qui inaugure la journée.

Pour eux la visite sera brève, comme la miction à cet âge, mais répétée au cours de la journée au gré des oublis et des trous de mémoires, aussi fréquents à cette époque de la vie que les taches sur la chemise commises au cours des repas.

Ayons d’ailleurs une pensée pour les nombreuses chemises innocentes et masculines et les non moins aussi nombreuses robes à fleurs qui seront entachées dès le premier repas de la journée, la sauce et l’assaisonnement étant fatals pour nombre de mains fébriles à l’idée de manger.

Le blaireau moyen, lui, arrive un peu plus tard, il est allé pointer d’abord, la Renault bien garée sur le parking, le pare soleil au dessin suggestif en place, les alarmes branchées, la parano en bandoulière comme art de vivre.

Faut dire qu’une Renault passe de l’état neuf à l’état de voiture de collection en un an et que notre quidam à neurones avariés confond voiture de collection et épave, d’ailleurs n’oublions jamais qu’une épave chez un pauvre s’appelle une voiture de collection chez un nanti, et que la parano ouvrière dans une cohésion sociétale parfaite croit avoir une voiture de collection au lieu d’une épave et donc la protège comme il se doit. Compris ? Non, faut relire c’est pourtant simple et de bonne facture.

Le caddie chez le démuni est ambitieux, l’entrée sera volontaire, la liste griffonnée avec moultes fautes servira de garde fou, les dérapages en ces terres étant périlleux comme à bord d’une Peugeot surchargée un jour de départ en vacances au camping de la Baule.

On commence par un petit tour aux journaux, au moins ici, tu consultes et c’est gratuit, pas de remarques, et pas obligé d’acheter "AUTO PLUS", l’hebdo imprimé sur du papier toilette avec des photos de voitures que même toi, tu n’oserais pas venir avec, tellement elles sont belles et ont peur des rayures.

Faut dire, les places de parking sont étroites comme au collège de mon second, mais le prolétaire à le sens du gadget et a donc équipé sa Renault d’embouts qui brillent (eux) et qui protègent de l’agression urbaine.

Il va ensuite écouter le dernier de la starac avec un casque que pour se le poser sur la tête, faut pas être sensible du cuir chevelu, car c’est l’herpès crânien immédiat, ensuite les livres, mais là beauf ! c’est pas terrible.

Il continue le chariot vide pour arriver au rayon saisonnier, parce qu’il faut dire que le gugusse, il est venu pour le remplir ce chariot à roulettes qui coincent.

Au printemps, tu vas ressortir avec un salon de jardin vert avec motifs du plafond de la chapelle Sixtine au milieu de la table et rappel sur le dossier de chaque fauteuil, pour un peu tu vas te croire à l’église quand tu cuves ton apéro à base de pastis frelaté et de chips bon marché. Le salon bien sûr est en vrai plastique, c’est pour pouvoir le jeter en fin de saison.

L’été, c’est la piscine en plastique là aussi, avec armatures, obligé de changer l’eau tous les deux jours et de colmater les fuites, le plastique ayant l’épaisseur, et c’est normal, de ton porte monnaie.

L’automne, c’est le rangement, et cela tombe bien avec la tonne de trucs en tout genre que tu as acheté, il va bien falloir stocker.

L’hiver, ce sont les jouets, la bouffe, le luxe et le blanc.

Les jouets, ça commence au mois d’octobre, bon c’est pas l’hiver je sais mais il fait sombre et froid et c’est tout comme.

Noël c’est en décembre, mais comme il est prévenant le monsieur, il va falloir qu’il planque dans son pavillon ridicule, un tracteur à pédales avec remorque et si il a la chance d’avoir aussi une future caissière à la maison, il peut rajouter la Barbie et tous les accessoires, landau, poussette, tous ces trucs qui ne tiennent que très peu de place.

Ensuite la bouffe et le luxe : la bouffe, c’est souvent la même indigence que le reste de l’année, mais l’emballage est festif, souvent doré, voir argenté en tout cas plus que le pousseur poussif de ce chariot adipeux.

Foie gras, dinde, saumon d’élevage sauvage en milieu fermé de plein air, chapon label rouge, produit introuvable le reste de l’année que tout cela.

Avec tout ça bien sûr, tu invites la famille, et dans le lot il y a du frais et du moins frais alors les nappes et les serviettes dégustent autant que les convives, voir plus, vu l’art mineur que représente en milieu défavorisé la confection de mets sophistiqués.

Heureusement Janvier est la saison du "blanc", drap, housse, drap housse, couettes avec les plumes du chapon de noël, nappes, serviettes, linge de toilette.

Papy et Mamy peuvent manger tranquilles, tu as de quoi changer la nappe, les serviettes et les draps, parce qu’en plus le prolo se regroupe de façon rituelle en des dates très précises en tout cas aussi précises que les baleines qui convolent en des eaux glaciales à des fins de perpétuation de la lignée.

Chez les Durand Dupond, le mal est fait et donc les rejetons sont présents, et le mâle l’est aussi, fait, mais comme une caisse donc madame n’aura pas à supporter l’assaut alcoolisé fait d’un coup de rein unique et ultime.

Après le rayon saisonnier, arrive le rayon textile qui mérite à lui tout seul un sous chapitre.

Le choc, l’arrêt net, la découverte, le truc que tu n’imaginais pas même dans tes cauchemars les plus fous et nerveux.

Arriver à faire autant de trucs moches avec un rouleau de tissu, tu en tombais des nues.

Tu connaissais les rideaux, les nappes susnommées, les draps, mais là devant toi, exposées OUI exposées, avec le même tissu et le même rouleau, il y avait des jupes, des robes, des corsages (depuis longtemps), comment pouvait on avoir autant d’imagination pour à ce point injurier un œil averti, comment pouvait on oser montrer une vision aussi immonde de l’art de se vêtir.

Je restais coi et absent.

Le rayon chaussures quand à lui frisait le supportable, du plastique partout, pas un cm de cuir aux alentours, pas une couture, de la colle qui sent fort.

Tu mets les chaussures un jour, et le soir tu es obligé de les mettre sur ta terrasse en prévenant les voisins que tu n’as pas tué un rat dans la soirée tellement ça sent méchant.

Rayon beauté, j’évite, du rouge à lèvre sur dix mètres des déodorants pour éléphants, des fonds de teint qui vont faire endurer à ta lessive un calvaire, du gel douche fait à base de napalm, et des crèmes de soin qui se rapprochent plus de la motte de beurre que de l’élixir acheté à vil prix dans des boutiques faites pour cela et rien d’autre.

Et puis enfin la sustentation journalière, la bouffe de tous les jours, les pâtes, le riz, les conserves surtout, les féculents en fait.

Le frais, tu vas tâter une paire de saucisson, de toute façon, tu n’achètes rien sans avoir toucher, tâter, soupeser.

Le prof grave, le prolo tâte, pour le saucisson, mieux vaut enlever la peau derrière.

Et puis le must en été, c’est le melon, deux heures devant l’étalage, d’abord la vue, le cul du melon, son odeur, sa robe, son aspect général, puis le poids, un dans chaque main, on soupèse, re l’odeur, on colle son nez dessus pour déceler le bouquet, l’arôme.

On repose tout et puis l’on recommence pendant quinze minutes.

Je ne vous raconte pas quand tu vois le temps pour choisir un melon le temps qu’il faut pour choisir la future Renault à la concession.

Ensuite, le fromage, les desserts et les alcools avec dégustation du petit producteur local de vin rouge.

Tu t’approches, c’est gratuit, tu vas goûter dans un gobelet en plastique, donner ton avis bien entendu sans appel.

Ah le nombre d’érudits, de compétents, de "qui savent apprécier", ensuite les congelés pour le congélateur qui n’en peut plus des cuisseaux de chevreuil suite à un carambolage dans la forêt de Fontainebleau.

Arrive la caisse ou il va tout sortir pour comptabiliser l’infortune, tout remettre, payer avec la carte de client fidèle, carte qui te donne droit à des points qui te mènent direct au service à thé en porcelaine de chine "made in koréa".

Retour sur le parking, à la voiture, lui devant avec le bolide à roulettes chargé comme un van de surfers à l’annonce de la vague du siècle sur les pentes de Courchevel, elle derrière qui vérifie et qui épluche (chacun son talent) la note, des fois que la jeune stagiaire ait fauté dans la facturation

Arrivée triomphale à la maison, déballage, monticule dans la cuisine, éjection des denrées périmées du fond du frigo et remplissage consciencieux, l’horreur du vide comme colonne vertébrale.

Voilà j’en ai fini de ma thérapie alimentaire et de ma fièvre acheteuse, je retourne en des lieux plus sereins ou on ne risque pas d’être à ce point tourmenté par des vues insipides de joies éphémères que sont le shopping en milieu usager, joies qui ne se renouvellent guère dans le style mais souvent dans le temps……………………

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03 mars 2007

SOIREE EN PLEIN AIR

Je fus obligé à une époque de ma vie ou les affaires me tournaient le dos de me rabattre sur une location dans une banlieue bien orientée et ce afin de me refaire une santé et de pouvoir pousser la porte de mon banquier sans regarder mes chaussures avec l’air du mauvais élève qui vient de se faire prendre en train de fumer une cigarette dans les toilettes individuelles bien que collectives d’un collège de province en des temps fort lointain ou l’aisance se pratiquait en plein air et au fond d’une cour.

Il me fallait trouver un logis qui soit digne de ma personne et un nombre de garages qui me permette de garer ma progéniture automobile, celle ci supportant mal de dormir à l’extérieur.

Les italiennes sont précieuses et réclament un soin particulier.

Mon choix se porta sur une résidence de bonne facture, surtout en fin de mois, a piscine municipale qui tenait lieu de bain communautariste et tennis pour la caution cardiaque, tous ces détails inutiles et forts importants finirent de me convaincre que je devrais passer une paire d’années en ces lieux publics ou la libido de jeunes sulfureuses se doit d’être maîtrisée sous peine de se retrouver tous les matins avec un courrier fort sympathique d’un syndic atrabilaire mais garant de la pérennité du lieu et du calme qui sied à la fin de vie des nombreux propriétaires qui cassent leur ennui au seuil de leur balcons et qui scrutent enfin, nouvelle improbable, l’arrivée des nouveaux d’un œil concupiscant.

Un joli salon, une cuisine IKEA laissé par l’ancien locataire, quelques chambres disséminées le long d’un couloir parqueté, deux salles de bain, le tour était joué, mais le plus important, le plus attirant et le plus enivrant dans ce lieu somme toute assez banal était le balcon d’une surface élégante ou mon idée germa d’y mettre un bon sofa, afin de recréer le temps de soirées d’été cet île paradisiaque ou le nanti qui s’ennuie à une heure de nage de Barcelone dépense sans compter dans des nuits sans issues des sommes vertigineuses, pendant de sa bêtise, dans des magnums de MUMM à des fins sous tendus mais rarement atteintes.

Il en va des étés comme de toutes saisons, pour moi celui qui s’annonçait allait être original et festif. En effet j’allais inviter à se sustenter une horde, une armée de nantis qui allait redécouvrir les charmes de l’alimentation en altitude sur balcon, l’assiette sur les genoux et le verre posée par terre.

J’avais récupéré, lors de mon déménagement, plus de canapés que ne peut en contenir un modeste logis de cent trente mètres carrés et du donc me résoudre à caser le surplus mobilier dans des lieux ou trônent de façon usuelle des bacs riviéras et autre immondice jonchant les terrasses du haut de ce stockage qui fait le trait d’union entre le hamster jovial et le Dupont Durand qui s’étiole à stocker par peur du lendemain une tonne de peut-être en formes fort diverses et qui surchargent un brin la déco approximative qui rassure l’ouvrier sur sa triste condition.

Un prochain billet traitera de l’acharnement pathétique dont font preuve mes contemporains pour étaler leur non goût à la face du monde et surtout des voisins.

Mais revenons à nos agapes prolétariennes du haut de ce balcon qui domine de trois mètres une pelouse ordonnée qui te laisse à croire de façon réfléchi, que tu es bien ici, dans un lieu de privilège à loyer surgonflé.

J’avais donc convié, suite à un  rendez vous sportif qui fait gambader et tournoyer sans cesse quelques jeunes éphèbes, une série de nantis triés sur le volet à qui je voulais faire goûter les joies du retour en arrière, du repas riche en sucres lents, et du verre de rosé au sommet d’un sofa posé négligeament sur un bout de terrasse.

Chacun arriva à l’heure pour cette découverte, cette chose incongrue qui te fait te trouver au dessus du sol dans un lieu extérieur mais tellement différent d’un bord de piscine à barbecue fumant.

Personne n’avait l’habitude de passer dans de telles conditions un soir de semaine et encore moins le début de week-end.

J’avais bien prévenu pour éviter les drames, qu’ils allaient vivre un moment inoubliable, à jamais gravé.

Pour rajouter au décalage de la soirée, j’avais acheté dans une boutique de luxe des assiettes et couverts en plastique à flûtes assorties, nouvelle ligne lancé par un designer tendance qui a su pour le coup égayer la notion de pique nique, notion connoté de par chez nous de façon péjorative et réductrice, le sandwich et le verre de rouge étant quand même plus un symbole prolétarien que petit bourgeois fut il argenté et de haute lignée.

Starck avait donc pensé à nous  de la plus belle façon qui soit en adoucissant la corvée qui consiste à couper un poulet mort et donc froid avec un peigne et une fourchette qui ploie sous l’effort indicible et surhumain d’un main droite mais gauche devant un tel challenge alimentaire et sustentataoire.

Rajouter à cela qu’un repas en province se fait rarement à quatre et vous avez le tableau de dix sept assoiffés entassés sur un appendice à des fins amusantes, le tout étant de ne pas renverser les piscines de rosé qui ornent les poignées de cette turpitude qui t’invite au tourment de façon ridicule.

Afin de compléter le tableau calorique de cette douce soirée, j’avais décidé de faire concocter par les épouses conjointes à cette agape en terrasse, un plat principal et inique fait à base de pâtes, huile d’olive, basilic.

Un, cela permettait d’isoler de façon temporaire les deux sexes et donc de libérer de part et d’autre de la sphère adultère, les derniers tracas de la vie en double que d’aucuns et d’aucunes mènent de main de maîtresse et d’amant.

De plus, quelques blondes platine et brunes sulfureuses dans une cuisine, donne un sens à ce lieu ou les hommes malhabiles se sentent trop nombreux.

Pendant que ces chers dames coupant le basilic remettaient en question, leur vacuité intime, les hommes péroraient sur la gente féminine et l’absence de bon sens de ces boucles d’oreilles arrimées de façon symétrique de part et d’autre de ce qui tenait lieu de centrale à inertie.

L’alcool avançant dans la soirée de façon indicible, les propos dérapèrent plus d’une fois et le ton s’éleva sur des discours infirmes qui ne séduisaient guère ma cervelle embrumée par le mélange douteux d’un élixir fait à base de grappes et de quelques glaçons éperdus de tant de sollicitude.

En tout cas dans le rétroprojecteur installé pour l’occasion, rien ne gênait ces jeunes imbéciles de courir sans fin après une boule de couleur, dans le but m’avait on dit était de l’encastrer d’un coup de pied jovial au fond d’un filet tendu sur des poteaux, et ce malgré un géant à gants surdimensionnés qui gardait le périmètre éructant en boucle des propos inaudibles à des acolytes sur les quelles étaient collés des numéros.

La soirée s’écoulait comme un bon vin, les neurones féminins étaient revenus servir les spaghettis bien huilés, la prouesse pouvait commencer.

Manger des spaghettis avec des couverts en plastique fussent ils de STARCK demande de l’entraînement, rajoute à cela une promiscuité qui ne permet pas d’écarter les coudes et d’aérer les aisselles et tu comprendras que les bruits de succion ont vite dépasser le bruit de la foule en délire qui éructe de façon tribal.

Mets dix sept personnes en train de déguster, disons plutôt d’aspirer des spaghettis et tu as idée d’un décollage de boeing 747 chargé de touristes attablés devant un plateau repas en classe troupeau, sur la piste 4L de roissy. 

Ca donnait à la soirée un coté ludique et iconoclaste, quelques bourgeois en train de faire un bruit collectif dans un immeuble qui ne l’était pas moins relevaient le niveau de la soirée, il est clair que la féminité à fondement varié paraissait plus agile à ce jeu buccal, un sens innée sans aucun doute, les hommes quand à eux faisaient un bruit énorme pour un rendement moindre.

On fini ce pique nique a rosé dans un éthylisme avéré, masquant le désarroi de cette descente en enfer.

D’avoir toucher l’indicible, l’ineffable avait mis en émoi l’ensemble des convives, et une telle immersion en milieu défavorisé avait fait son effet.

La salade de fruit accompagné de ROEDERER millésimé fit du bien à tous et ponctua la soirée d’une note motivante.

Chacun se promit de ne plus vivre cela, d’aucuns prirent une ou deux photos de ce pays étrange ou les gens s’étalent par strates successives montant jusqu’au sommet à l’aide de montes charges.

Nous nous quittâmes heureux d’avoir vécu l’infamie  du repas collectif en souriant et Lucien en profita pour lancer une invitation pour le lendemain……… Il venait en effet de finir sa piscine intérieure et se faisait fort de nous faire oublier cette soirée en étage résidentiel……………………

Posté par emile davis à 00:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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