24 mars 2007
RENCONTRE : 1 (encore que)
Elle était maquillée comme une voiture volée et sentait aussi fort qu’un rayon marée suite à une panne d’électricité et donc de glaçons, mais elle avait décidé comme tout un chacun de tenter sa chance sur Internet et de pouvoir elle aussi aller à des rendez-vous où l’attendrait son chauffeur routier, qui lui bien sûr, serait parfumé de façon discrète au pulvérisateur avec du déodorisant pour lieux intimes, lieux où l’on se vide en évitant de se répandre.
Quelques temps qu’elle écrivait des propos ambigus à fautes d’orthographe avérées afin de pouvoir défaillir sous les coups de boutoirs d’un courtisan zélé.
Elle avait choisi pour ce faire dans sa collection privée de photos ridicules et familiales, quelques mises en valeur qui masquaient l’embonpoint et l’aversion pour la culture physique.
Un visage se disait-elle suffirait bien à déclencher chez les serviteurs patentés, une envie de rencontre et un désir de fusion voir de confusion.
Ah ces heures cachées derrière l’écran à jouer des pseudos, en se croyant divine et en pensant, que soudain la chance, fée anonyme, allait frapper à la porte de ce vide abyssal et sentimental, de ce no man’s land relationnel où les fantasmes sont à l’heure, de ce désert libidineux à autarcie nécessaire, de cet océan trop calme sans marins à son bord, de ce vaisseau mal en point qui erre dans les silences, de ces nuits bien trop calmes elles aussi et remplies de chagrin, de ce plateau venté qui cingle les parcours, de ces absences longues qui jalonnent les chemins, des rencontres assassines qui sont sans lendemain, des souffrances intimes qu’on repousse à deux mains.
Ah ce désir secret, bien caché sous les trombes, ce puissant aimant qui pousse à des compromis fort judicieux parfois mais plus souvent calamiteux.
Puis vint le jour de la rencontre………………………………..
