Gagner sa vie ça coûte cher

Un chef d'entreprise looser aux prises avec des salariés qui ne le sont pas moins

10 mars 2007

VUE D 'EN HAUT

LE CADRE SUP

Désirant continuer mon inventaire de la strate sociale et du dénigrement de classe, je continuais mon déballage par le haut de la pyramide ou le vent souffle fort aux oreilles.

Le cadre sup. et le PDG nous font rentrer de plein pied dans la catégorie reine de la voiture de fonction teutonne et de le carte business, du costume griffé, des chaussures pleine fleur et cousu Good Year, de la note de frais et des hôtels  étoilés.

L’antichambre du pouvoir ultime, c’est le cadre sup. avec sa cohorte de convenu, de codes et de signes lisibles et reconnaissables uniquement par ses pairs, mais aussi de choses moins reluisantes, pauvres travailleurs qui pensaient du haut de vos établis que tout coule de source dans ces étages meurtris.

Le cadre sup. est issu des grandes écoles, il maîtrise quelques langues dont celle que l’on prénomme en langage pyramidal du bas : La langue de P…..

Je me dois d’ajouter à ce billet vestimentaire, une note de fonctionnement.

En effet, il m’est apparu opportun et important d’expliciter au commun le passe temps favori  de ces étages de buildings ou l’élevage de la peau de banane n’a d’égal que la disposition de celle-ci le long des couloirs moquettés

L’art de l’esquive et l’art de la survie en milieu inhospitalier sont les deux rudiments que nos chérubins se doivent d’apprendre sur le banc de ces écoles extorqueuses de fond.

Ainsi se nomment les écoles de commerce qui font de leur émoluments une mise en pratique immédiate des cours inscrits au programme.

Le cadre sup est donc dans l’ascension et courbe l’échine car l’effort est rude et l’oxygène arrive à manquer dans les hauteurs, autant vous dire que parfois on peut avoir le souffle coupé et pour des raisons qui dépassent parfois le mur du son.

La carotte est belle par ailleurs, mais il ne faut pas la perdre ce vue car sinon tu peux l’avoir dans un endroit pas prévu au départ.

L’occupation principale donc de cette catégorie sociétal est la confection fielleuse et préméditée de divers instruments et accessoires qui vont servir à asseoir une ambition aussi démesurée que la voiture du boss et les jambes de sa secrétaire préférée.

Les dents ont été préservés et taillés dès le plus jeune âge pour appréhender ce dur métier qui consiste à passer son temps dans l’intrigue et la lutte de pouvoir afin d’atteindre au plus vite le sommet de l’ennui.

On mange de la viande tôt et en quantité pour aiguiser l’appétit carnassier.

En haut de l’échelle, on contemple tout d’abord la vue parfois dégagée, souvent son parcours plutôt embrumé et prioritairement la façon dont on va bien pouvoir prendre le fauteuil de celui qui est assis deux bureaux plus haut sans qu’il ne s’en rende compte comme par un tour de magie et d’attendre le jour ou celui-ci te croisera en te disant au revoir après un passage express dans le bureau De l’exécutive manager et celui de la chef compta.

L’art de l’embrouille à usage restreint et l’art de savonner la planche sans faire de mousse sont des priorités nécessaires à la survie en ces étages ou une semaine de congé est aussi périlleuse qu’une sortie en pantoufles pour aller faire uriner le caniche à prix surfacturé et ou l’arrêt maladie sonne un arrêt de mort.

L’absence est la première faiblesse du cadre sup., il ne doit pas quitter le lieu de l’intrigue et se doit de fomenter, d’instrumentaliser en permanence pour entretenir cette lutte de pouvoir qui fera craquer le faible et le trop confiant.

Le cadre sup. va passer les trois quarts de son temps à positionner et à se positionner par rapport à une hiérarchie coupée complètement de la strate inférieure, de ce filtre malsain qui irradie les couloirs va sortir ce que l’on nomme le management participatif, système pervers ou le non dit est une valeur première et ou l’autocensure est un art complémentaire.

Rajoute des conditions de vie humiliantes quoi qu’il en soit, eh oui que le courageux aille faire un tour sur un quai de gare TGV un lundi matin à six heures et ce ne sera que défilé de quadras qui mal réveillés montent à la capitale pour aller exhiber des tableaux frauduleux à une hiérarchie qui elle regarde le CAC 40 comme un film porno.

La mascarade boursicotière qui en découle n’est en fait qu’un concours de beauté financier ou l’on maquille avec talent des sommes rondelettes afin que de petits retraités made in USA golfent en voiturette avec porteurs hindous et serviettes attitrées.

Ca sent la lutte de classe alors que ce n’est qu’une lutte de pouvoir, aucune différence en fait si ce n’est la tenue et la rigueur des mains

En affaires, il faut beaucoup de savoir vivre et aucun sentiment, le coup de couteau est virtuel, ne fait pas couler de sang mais détruit des vies en silence et en ambiance climatisée.

Combien de camarades sont morts au combat au seuil de bureau à moquette bouclée, combien de valeureux ont fléchi à la lutte, combien ont renoncé devant le parjure et

l’affront dos tourné.

Bon je ne vais pas pleurer tout de même, mais je tenais à rappeler les conditions inhumaines dans lesquelles une partie non négligeable de nos concitoyens vivent et endurent leurs vies professionnelles.

Arrive enfin la catégorie reine, celle que tout le monde espère un jour croiser, mais ce sera un autre billet, en effet c’est le métier que je pratique le plus et donc j’ai beaucoup de choses à dévoiler…………………………………

Posté par emile davis à 00:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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