Gagner sa vie ça coûte cher

Un chef d'entreprise looser aux prises avec des salariés qui ne le sont pas moins

15 février 2007

TRISTE JOURNEE

PTGV10PTGV10PTGV10   

HUMILIATION FERROVIAIRE

Y’a des semaines ou il vaudrait mieux rester au fond de son pc coincé entre un disque dur et rayé et un lecteur graveur dvd voir un mp  3 (enfants en bas âge) que d'envisager un déplacement fut il à des fins boursières.

Non seulement je redescendais des alpages avec une voiture à l’arrière train défoncé mais en plus je me devais dans un élan singulier et financier de monter à Paris en catastrophe suite à un crack imminent dans la structure périlleuse de ma holding familière qui le devenait trop à mon gout (familière)

Pour monter à la capitale de façon usuelle et empressée, le meilleur moyen était la réservation en ligne bien que ce fusse en train que je fasse ce trajet, trajet que connais par cœur, par haut le cœur parfois.

Ma secrétaire qui me suit et me materne depuis des lustres (je suis une lumière) me communiqua donc un code par un mail de nuit pour retirer de bonne heure à une borne automatique mes titres de transport ferroviaires.

Après un lever de corps fastidieux suite à un diner d’affaires qui s’était terminé tard dans les vapeurs alcoolisés de jeunes ambitieuses à talons compensés par un sens de la gravité très avisé et donc très visuel aussi. ( mais c'est un  autre sujet que le temps passé à pérorer des phrases assassines aux oreilles délicates de confrères assoiffés de vengeance sans nom et de palais obscurs ou se fomentent à l’ombre, de vastes complots qui visent en premier à flatter son égo).

Je me retrouve donc devant la borne et retire les tickets afin de convoyer mon auguste personne vers cette ville ampoulée de nombreux phénomènes.

Et là en ce début de journée, à l’heure ou l’ouvrier de base sifflote en rasotant les murs de sa cité dortoir tout en pensant à sa journée de labeur et à sa trop nombreuse progéniture et à celle qui ce soir dans des relents, peu t’on parler d’odeur en ces lieux peu salubres, va l’attendre sur le palier de cette immeuble lugubre pour déposer un baiser sur ces lèvres gercées par un labeur extérieur qui te ronge les mains comme une râpe à fromage( hommage à la Savoie et à son comté râpé jour après jour).

A l’instant ou l’employé modèle astique son costume éculé afin de parader devant un parterre d’insidieuses secrétaires à libido frustrée et gloussements idiots à la limite de l'occulte, dans des bureaux standardisés comme la couleur des chaussettes de tennis assortie au tricot de peau qui maintiendra à température un cerveau isolé par de trop nombreuses couches d’air.

Au moment ou l’agent commercial sort de chez lui  avec son costume de marque dégriffé et ses pompes en croute de cuir espagnol pour des réunions régionales ou vont éructer pendant des heures des chefaillons blasés à carrière bien léchées et ou vont circuler des graphiques et courbes non dénués de sens mais d'apropos.

A l’heure ou les infirmières se sont dévêtues pour offrir aux malades des émotions fugaces sous de jolies blouses en coton imprégné qui laissent transparaître une adipocytée qui se révèle ainsi aux yeux de maladifs à regard sirupeux et libido limité à la toilette d'aide soignante jamais en reste pour faire reluire.

A cette heure là donc, j’allais vivre l’humiliation que je ne souhaite à personne, le parjure, la honte sur quai, le chemin de fer comme chemin de croix, la négation de six mois de durs labeurs, le trou noir de la réussite sociale, le graal du looser, le césar de la honte ferroviaire, l’oscar de la blessure voyagère, le Molière du déplacement foireux, le nobel de la chute en avant, le darwin de la honte.

J’allais pendant deux heures et c’est long deux heures, j’allais donc côtoyer au bout de tant d’années ceux qui me faisait rigoler dans mes soirées de nantis ou les bulles pétillent aux bouches avorteuses de projet en secret et de fuite alangui au bras de courtisanes bien trop souvent élevées pour cracher dans la soupe de leur propre vanité.

J’allais donc en ce jour maudit voyager en seconde classe suite à un embouteillage sur le net, une erreur de frappe de ma secrétaire et aux caprices douloureux de la commande en ligne.

Ce jour là était un jour sombre dans ma vie, je versais quelques larmes sur ce quai ou le vent claquait aux devants des bateaux qui tanguait alentours vers de beaux horizons (stop, hé  t’es à la gare pas sur le port de Cassis Emile)

Je devais me résoudre à monter dans le wagon de l’infamie de la trahison sociale, du recul en avant, du pas en arrière, le choc social à 300 kms/h sans airbag, frontal, violent, dure, sans retenue, le nectar de l'echelle sociale et je passais dessous sans superstition.

Qu’avais je donc fais de mal dans ma vie pour à ce point  être humilié ?

De quel droit me punissait-on de la sorte ? De quel karma ferroviaire devais je me défaire ?

Le TGV arriva, un instant je voulu mettre fin à mes jours, passer de vie à trépas devant cette humiliation ultime iréelle et tellement présente, mais le soir j’avais un diner avec une gourmande qui jouait de la flute traversière dans un orchestre de salsa, rapport à une déformation qui lui permettait de regarder le public tout en jouant de cette instrument délicat qui te met de profil le long de ces concerts ou les gens écoutent d’une oreille attentive leur copine de chambrée à des fins fourragères.

Le tgv est bien fait, et dans ces moments de honte sur soi ou l'on recherche la discrétion comme un thermomètre cherche un anus fiévreux, ça compte la belle finition, pour les portes ils ont été généreux comme pour les chaises en seconde vous me direz,en effet, il y a une porte tous les dix mètres, ce qui évite les pas inutiles devant un parterre de gueux qui montent à la capitale pour d’’improbables salons ou l’on se croit mondain dans des tenues paysagères. Par contre au niveau sièges, ils ont fait trés trés fort, arriver à mettre 4 fauteuils de front avec une allée au milieu, ca en dit long sur l'art du remplissage. J'aurais jamais pu croire que l'on arrive à entasser de front autant de sièges et ce sur une largeur somme toute réduite, pour un peu on se croirait dans un airbus A 320-600 en classe troupeau.

Quel surprise dans ce wagon, quel entassement, quel bruit, quelles odeurs, quelle promiscuité, si ma famille lit ce texte,(ils ne savent pas que je bafoue l'honneur familiale sur la toile à des fins thérapeutiques pour soigner mon penchant de pervers narcissique, ils croient que j'ai monté une start up sur le net via la sphère bloggeuse)  ils comprendront ce que j’ai enduré pendant deux heures assis sur une banquette à deux places avec à mes cotés un prof lettré qui lisait un quotidien subversif qui traitait des heures sup dans un collège de banlieue.

J'avais voyagé en seconde, oui moi !!!!!!!!!!!!!! Emile Davis en seconde, fils de Miles et de georgette, à peine croyable mais tellement violent à vivre !!!!!!!

Ma semaine avait mal commencé, je le savais………………………………………

Posté par emile davis à 00:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1