31 décembre 2006
reveillon dans les alpages ( c'est pas meuhgève)
Texte dédié au peuple savoyard, peuple jeune et fier qui combat la froideur du climat en inventant des passes temps ludiques et étonnants.
Le 31 est toujours prévu de longue date, faut dire chaque année c'est la même chose, l'Affre d'une soirée seul ou à deux pousse rarement à des idées lumineuses, audacieuses, ambitieuses, périlleuses,volupteuses,mais plus souvent à des idées désastreuses, laborieuses, calamiteuses.
Cette année dans les alpages, ce sera la soirée capillaire, à chacun d'inventer une coiffure qui fera rire les convives, le gel est autorisé, et puis au bord du lac, il est normal d'en utiliser. (Pas du gel de la laque).
Le basique la coiffure punk, une tonne de gel, quelques bombes de couleurs et le tour est joué.
L’iconoclaste c'est le crâne rasé teint au couleur du club local de hockey.
Quand aux femmes, le look pétasse de province spécial salle des fêtes un soir de banlieue, va remplacer pour un soir celui de la joue rouge et du nez qui goutte, normal aller chercher du bois dans un appentis au fond du jardin pour remplir un fourneau et faire des économies provoque des rougeurs et des gerçures, que la chaleur ambiante ne fait qu'accentuer. A la montagne il fait froid dehors, et dedans à coté du poêle tu suintes des aisselles, à cause de la chaleur que diffuse de façon peu délicate le fourneau. En montagne la sudation est un passe temps, comme la coupe du bois,
Dedans, tu transpires à cause de la chaleur du poêle à bois et dehors tu transpires à cause du bois qu'il faut couper pour le poêle, le monde est petit comme la salle de bain d'ailleurs.
En montagne se laver réclame une dose de masochisme, va te mettre nu dans une salle de bain situé à plus de dix mètres du poêle et en plus porte fermé, si tu fais tomber le gant dans la douche, tu casses le carrelage, il faut d'abord chauffer au chalumeau le conduit et ensuite laisser venir le filet d'eau qui va suinter et qui va te glacer le corps. Tu ne vas pas mettre une heure pour astiquer la vaisselle et rincer les couverts, la serviette rêche et onctueuse comme le vin local va finir de te faire ressembler à une écrevisse, tu sorts de l'appendice humide, rouge et gelé comme une langouste de cuba au rayon marée de ton carrefour.
A des fins festives et conviviales, la montagne a décider cette année de se tartiner le cuir chevelu, et il en faut de l'humour pour vivre au bord d'un lac ou tu peux te baigner 2 jours dans l'année et encore.
La montagne nous donne aussi des gens simples , simples dans la vie mais aussi dans l'avis, on coupe du bois pour tuer le temps, le nombre de forêt décimé à cause de l'ennui passager de quelques rustres campagnards fait frémir nombre de citadins qui aiment, le week end venu, troquer le costard de chez smalto contre un vtt de chez décathlon. Gare à la chute qui peut survenir lors de la dégustation de liquide à des fins énergétiques et qui peut laisser penser à une faute de carre sur une piste verte au moment de passer sa première étoile.
La soirée tant attendue arrive enfin, le repas sera frugal, énergétique et varié,
salade chèvre chaude en entrée, à base de salade et de fromage de chèvre, arrive ensuite le foie gras, ici pas d'oie du veau, c'est plus volumineux ,mais ca profite mieux, bon c'est pas facile de gaver un veau mais c'est pas plus compliqué que de violer une chèvre , surtout en montagne.
Ensuite le plat endémique, emblématique, incontournable, obligatoire, le plat que tout le monde espère, celui qu'on l'on attend plus, le fils prodigue, le mets qu'on languit, qu’on envie, à base de fromage, de patates, la voilà la tartiflette, on devrait dire la "tartifête" tellement elle déclenche un déluge verbal.
Il faut donc un four, que dis je une alcôve pour faire fondre l'un et faire cuire l'autre, les oignons seront nécessaires pour ces rots réprimés au moment des voeux et libérés dans ces moments de solitudes qui vont si bien à ces discrets manques de savoir vivre.
Ce plat mythique qui se perpétue tout au long des hivers vigoureux, et qui va célébrer ce moment et sceller à jamais l'amitié qui jaillit de la finesse du met.
Le brave et le rustique vont côtoyer le rustre et le crétin autour de ce plat ancestral mais qui n'est pas provençal.
Arrives le plateau de fromage, dans les alpages c'est plus un stand qu'un plateau, toutes les odeurs sont réunies, les asticots sont en prime, toi pour supporter y'a que l'apnée ou l'évanouissement, certains morceaux se découpent au chalumeau en plus ça fait griller la faune, d'autres se ramassent à la truelle, le reste c'est pour l'institut pasteur. Le pain qui va avec se coupe à la tronçonneuse, celle qui coupe le bois, toi si t'as un bridge faut pas goûter, remarques ça t'arranges.
Ensuite la bûche celle qui reste de noël, plus vrai que celle dans la cheminée, aussi noire et aussi dégueulasse.
MINUIT, c'est la liesse, on s'embrasse, on s'embrase, on s'enlace on s'en lasse, on s'étreint on se tient, on se retient on se maintient on se congratule parfois on s'enc....on se souhaite la santé (pas la prison), la réussite (c'est mal barré) le bonheur (pas la porte à coté) enfin que des trucs enflammés
Que tu penses à moitié, toi t'as qu'une envie, un gerber deux te coucher trois cuver
Tout le monde se met à danser, le dj des alpages a échangé la trailleuse automatique contre deux platines pourries, ça sent la danse des canards dans moins de cinq minutes, pour l'instant c'est cloclo et dave avant les beegees et Travolta
Ca va durer jusqu'à cinq heures histoire de battre le record.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=209183&pid=3176437
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
